''On a pris de gros risques'' : Les surveillants pénitentiaires se mobilisent à Sarreguemines


par Margot Benabbas
mardi 16 juin 2020 à 14:53

''On a pris de gros risques'' : Les surveillants pénitentiaires se mobilisent à Sarreguemines

Les soignants n’étaient pas les seuls à se mobiliser ce mardi : à Sarreguemines, les surveillants pénitentiaires se sont réunis devant la Maison d’Arrêt.

Son N°1 - ''On a pris de gros risques'' : Les surveillants pénitentiaires se mobilisent à Sarreguemines

A Sarreguemines, les surveillants pénitentiaires ont l’habitude de se mobiliser. Dans la région, ils sont connus comme étant des râleurs.

On a l'habitude, on dit que Sarreguemines est toujours en train de râler mais on est toujours en train de râler parce que la situation n'évolue pas. 

En 2018 et 2019, les surveillants pénitentiaires se sont mobilisés à plusieurs reprises suite à des émeutes et des agressions. Ils demandaient de meilleurs salaires, le dégel du point ou encore de passer en fonctionnaires de catégorie B. Aujourd’hui, ces problématiques sont toujours là mais Alfred Sarek, secrétaire régional CGT espère également que l’Etat ne va pas oublier tout le travail qui a été fait pendant la crise sanitaire.

On a bien serré les rangs pendant la crise, on a tenu nos postes, on a assuré la continuité du service public. Maintenant la crise est passée, en tout cas on l'espère, et on se rend compte qu'il n'y a aucun retour de la part de notre hiérarchie ou de notre administration. Quand on crie à l'union sacrée il faut aussi après savoir récompenser les agents qui ont mouillé le maillot et c'est ce qu'on a fait.  

A Sarreguemines, la crise a pu être bien gérée en interne entre la direction et les surveillants et il n’y a eu que très peu de cas. Le problème c’était le manque de moyens : que ce soit le gel ou les masques.

Notre direction voulait bien nous les donner mais ils en avaient pas. Donc le problème était là, il fallait quand même tenir les étages, on a dû aller bosser comme ça en prenant des risques. Avec le recul on se rend compte qu'on a pris des risques démesurés parce qu'on aurait pu ramener la maladie. Dans un milieu confiné comme le nôtre, si 1 ou 2 détenus sont malades ça part comme une trainée de poudre après, ça aurait pu devenir rapidement incontrôlable. 

Le personnel devrait toucher la fameuse prime COVID mais personne ne sait qui va la toucher ni combien ils vont toucher. Les manifestants craignent que ce ne soit pas grand-chose comparé à toutes les heures supplémentaires accumulées ces derniers mois avec un tiers des surveillants pénitentiaires absents. Ils se sont retrouvés parfois à 17 au lieu de 27 et ont dû faire de très grosses journées : "On était plus à la prison qu'à la maison" conclut Alfred Sarek. 

Actuellement, on peut un peu souffler à la prison sarregueminoise. Suite au confinement, il n'y a plus de surpopulation pour le moment. Il y a 70 détenus pour 70 places.   

 


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