Herbitzheim : Les médecins généralistes de la maison de santé en grève pendant 10 jours
Tous les médecins généralistes de la maison de santé pluriprofessionnelle de Herbitzheim sont en grève à partir de ce lundi 5 janvier. Jusqu'au 15 janvier, suite à l’appel des syndicats médicaux, les 6 médecins libéraux de la MSP ont décidé de faire grève pour dénoncer les nouvelles mesures qu'ils jugent répressives voulues par le Gouvernement. On fait le point avec le Docteur Anne Martzloff, qui exerce dans cet établissement.
Son N°1 - Les médecins généralistes de la maison de santé en grève pendant 10 jours
On en a discuté, on a beaucoup hésité parce que ça nous embête pour les désagréments qui vont être inhérents aux patients, mais étant donné ce que le Gouvernement veut mettre en place, on n'a pas le choix, il faut qu'on tape fort !
C’est un ras-le-bol généralisé qui se fait ressentir chez les médecins, notamment par la menace d’amendes qui pèse sur leur profession. Les professionnels étaient, dans un premier temps, vent debout contre l'article 85 qui instaurait des sanctions financières à l'encontre des praticiens qui n'utilisant pas le dossier médical partagé (DMP).
Le Dossier Médical Partagé, on risque d'avoir une amende si on ne l'alimente pas, et on risque d'avoir une amende si on ne le consulte pas, or, ce dossier si on met tout dedans, c'est un gros fouillis, il n'y a actuellement pas de classement, pas de moteur de recherche, et nos assistantes médicales ne peuvent pas aller chercher de documents, elles ont juste le droit de l'alimenter, pas de le consulter.
La crainte avec ce DMP est que l’accès soit donné par la suite aux mutuelles.
Pour nous, c'est un risque majeur pour les patients, parce que si les complémentaires santé connaissent l'état des patients, elles risquent d'adapter les contrats en fonction.
Il y a quelques jours, cet article a finalement été supprimé par le Conseil constitutionnel. Malgré tout, le mouvement de contestation reste intact pour d'autres raisons.
Les médecins risquent d’être aussi contrôlés sur leurs prescriptions.
On nous met en place des restrictions de prescription, par exemple d'arrêts de travail, et du coup, ça peut amener à des restrictions d'autres choses plus tard. On a l'impression que l'Etat nous demande une standardisation des prises en charge, alors que nos spécificités de médecine générale, c'est de s'adapter aux patients, et quand on prescrit quelque chose c'est parce que c'est nécessaire pour le patient.
Enfin, pour le Dr. Martzloff, contraindre des jeunes médecins à s’installer dans des zones sous-dotées est un effet d’annonce.
En fait, la majorité du territoire est sous-dotée. Les jeunes ont quand même envie d'une qualité de vie, et c'est certain qu'ils ne vont pas aller dans une zone où il n'y a pas d'autres services publics. On a tendance à dire : "Faites venir des services publics, et les médecins viendront".
Elle rappelle enfin que la situation est aussi problématique pour les infirmières libérales, mais elles ne peuvent pas faire grève, continuité des soins oblige.


