Mars Bleu : un mois pour sensibiliser au dépistage du cancer colorectal
Comme chaque année, le mois de mars est consacré à la lutte contre le cancer colorectal. La Ligue contre le Cancer lance sa campagne Mars Bleu pour sensibiliser au dépistage du cancer colorectal. On en parlait avec notre invité ce matin dans le Grand Réveil.
Son N°1 - Mars Bleu : un mois pour sensibiliser au dépistage du cancer colorectal
Dr Marie-Christine Scandola – médecin coordinateur au Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC) de la région Grand Est
A l'occasion de Mars Bleu, on met l'accent chaque année sur le dépistage organisé du cancer colorectal. De quoi s'agit-il, à qui ça s'adresse ?
C'est un cancer très fréquent, puisqu'en 2023 en France, on a dénombré à peu près 47 500 nouveaux cas avec 17 000 décès. Donc, c'est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes et le troisième cancer le plus fréquent chez les hommes. Alors que l'on sait que si on détecte tôt ce cancer, dans 90 % des cas, il est guéri. D'où l'importance de faire ce dépistage. Ce dépistage organisé concerne toutes les personnes qui ont entre 50 et 74 ans. Toutes ces personnes reçoivent un courrier d'invitation de la caisse d'assurance maladie et on leur propose d'aller chercher un test et de réaliser ce test à la maison.
En quoi consiste ce test ?
On peut récupérer le test chez son médecin traitant, à la pharmacie ou on peut le récupérer en ligne. Ensuite, on le fait donc à la maison. Il s'agit de faire un petit prélèvement au niveau des selles. Dans les analyses, on recherche du sang, du sang que l'on ne voit pas à l'œil nu.
Et c'est comme ça qu'on va déterminer s'il y a potentiellement des traces de cancer ?
Oui tout en sachant que, si le test revient positif, c'est-à-dire que l'on a détecté du sang, ça veut simplement dire qu'on a détecté du sang. Ça ne veut pas dire qu'il y a forcément un polype ou un cancer. Cela veut dire qu'ensuite, après, il faut aller faire une coloscopie pour voir s'il y a une lésion ou pas. Mais le fait d'avoir du sang dans les selles ne signifie pas forcément qu'il y a un cancer.
Concernant ce dépistage, dans la région, est-ce qu'on est plutôt bons élèves ?
Dans toute la France, ce dépistage, les chiffres sont relativement faibles. Pour 2023-2024, en France, on est à 29,6% de taux de participation. Dans le Grand Est, on est à 32,6%, donc un petit peu plus. En Moselle, on est à 30,8% et dans le Bas-Rhin, à 33,5%. Il faudrait pouvoir augmenter ces taux de participation. Il faudrait au moins qu'il y ait 45%, 50% de taux de participation.
Comment est-ce qu'on explique ces mauvais chiffres ? Est-ce qu'il y a des solutions pour peut-être faire mieux ?
Il faut dédramatiser le dépistage. C'est sûr que le fait de se faire dépister, on ne se sent pas malade et puis on peut craindre le résultat. Alors ça, c'est un frein au dépistage en général. Concernant le dépistage du cancer du côlon, on peut aussi craindre de devoir faire l'examen à la maison, peut-être le fait de manipuler les selles aussi, ça peut être un frein.
Pour terminer, est-ce qu'il y a des facteurs de risque ? Est-ce qu'on peut dans notre quotidien avoir des gestes pour réduire les risques de cancer colorectal ?
On sait que l'alcool, le tabac sont des facteurs de risque. Le fait aussi de consommer beaucoup de viande rouge, des charcuteries, ça peut être un facteur de risque. Sur lesquels on peut agir, puisqu'il y a un premier facteur de risque qu'on dira à l'âge et là, on ne peut pas agir. Et puis le fait qu'on recommande de manger beaucoup de fruits, de légumes, des fibres en fait. D'avoir de l'activité physique, ça protège.


