Deux essais cliniques testés à Strasbourg pour mieux traiter la sclérose en plaques


par Camille Bazin
lundi 16 mars 2026 à 09:11

Deux essais cliniques testés à Strasbourg pour mieux traiter la sclérose en plaques
Photo : Shutter Stock

Deux essais cliniques sont actuellement menés à Strasbourg pour mieux comprendre et donc mieux traiter la sclérose en plaques. On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.

Son N°1 - Deux essais cliniques testés à Strasbourg pour mieux traiter la sclérose en plaques

Professeur Nicolas Collongues, directeur du Centre d'Investigation Clinique de Strasbourg (CIC), neurologue et coordonnateur de ces deux essais cliniques.

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune de l'adulte touchant le système nerveux. Ça provoque des perturbations cognitives, motrices et sensitives. Avant de parler des essais cliniques menés à Strasbourg, aujourd'hui en France, est-ce qu'on arrive à traiter, à prendre en charge correctement les personnes atteintes de cette maladie ?

Aujourd'hui, oui, on a plus d'une vingtaine de traitements à notre disposition, dont certains qui sont extrêmement efficaces pour lutter principalement contre l'inflammation. Puisque c'est une maladie auto-immune et le cœur du problème, c'est ce dérèglement du système immunitaire qui va petit à petit s'attaquer au cerveau, à la moelle épinière et détruire les gaines de myéline. Donc c'est en bloquant un peu ce système immunitaire qu'on arrive à éviter que les patients accumulent du handicap.

Vous dirigez donc le centre d'investigation clinique de Strasbourg où sont menés les deux essais cliniques de la sclérose en plaques. Le premier est baptisé TOTEM. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

Oui, c'est un protocole qui a débuté maintenant il y a 4-5 ans, qui a bénéficié d'un financement à hauteur d'environ 500 000 euros. Et qui permet d'envisager une réparation des lésions, chose qui n'était pas pour le moment envisageable. Puisque aujourd'hui, les traitements bloquent essentiellement l'inflammation, mais ne permettent pas de réparer une fois que la myéline est dégradée. Donc ce protocole est basé sur une idée assez originale qui est d'utiliser la testostérone en injection chez des hommes. Et cette testostérone va pénétrer dans le cerveau et permettre de stimuler les cellules qui vont réparer la myéline.

Donc ça c'est un essai clinique qui ne concerne que les hommes, c'est un potentiel traitement qui ne pourrait pas être donné aux femmes ?

Ce n'est pas un protocole misogyne. Malheureusement, on aurait aimé le mettre chez la femme également. Sauf que la femme a des taux de testostérone 10 à 20 fois plus faibles que l'homme. Et du coup, les doses qu'on serait amené à utiliser seraient totalement différentes. Donc pour le moment, on s'intéresse essentiellement à l'homme. Mais dans un deuxième temps, on pourrait adapter les doses pour inclure les femmes dans ce type de protocole. Sachant que c'est une maladie qui touche quand même essentiellement la femme. C'est quand même 3 femmes pour un homme qui est atteint de cette maladie aujourd'hui en France.

Et vous le disiez, l'essai clinique est mené depuis 4-5 ans. C'est quoi les premiers retours que vous avez aujourd'hui ?

Dans un mois, on aura terminé d'inclure la totalité des patients pour ce protocole. C'est une phase assez précoce. On va regarder avec des imageries régulières tous les 6 mois si on répare les lésions. Et on a pu inclure 40 patients, 20 dans chaque groupe, 20 qui reçoivent du placebo et 20 qui reçoivent la testostérone. Donc on fait, chez ces patients, des IRM tous les 6 mois, qui sont des IRM très particulières. Des IRM de recherche pour bien regarder la myéline un peu en détail. Le dernier patient sera inclus prochainement. Dans un an, il aura terminé le protocole. Et ensuite, il faudra bien 6 mois pour analyser les résultats. Donc je pense que les résultats seront dans un an et demi à peu près. Et pour le moment, ça se passe très bien. Il n'y a pas de complications des injections. Il n'y a pas de choses particulières. Pas de patients qui développent une masse musculaire inquiétante. Pas de troubles de l'humeur et pas de complications majeures.

En parallèle, vous menez donc un deuxième essai qui concerne des patients plus âgés. Il est baptisé Twins. Et là, on parle plus d'arrêt des traitements. Comment est mené ce deuxième essai ?

Oui, alors c'est un peu un essai qui prend le contre-pied de tout ce qui est fait aujourd'hui. Puisqu'aujourd'hui, on essai de bloquer l'inflammation, réparer les lésions. Et là, c'est un protocole qui propose d'arrêter les traitements. Ça peut paraître un peu étonnant, mais c'est un protocole qui répond à une question d'actualité. Parce que ces patients ont plus de 55 ans. Dans le protocole, actuellement, on est sur une moyenne d'âge d'inclusion qui avoisine les 60-65 ans à peu près. Donc c'est des patients assez âgés. Et ces patients ont deux particularités. La première, c'est qu'ils n'ont jamais été inclus dans les essais thérapeutiques initiaux qui ont permis de valider l'utilité des médicaments qu'on utilise aujourd'hui dans la maladie. Parce que les limites d'âge, c'était souvent en 50-55 ans. Ça, c'est le premier point. Et le deuxième point, il faut savoir que cette maladie, la sclérose en plaques, qui est basée sur de l'inflammation, c'est aussi une maladie qui s'épuise un peu avec le temps. Puisque notre système immunitaire vieillit, un peu comme tout le reste. Et en vieillissant, les lésions sont moins importantes et moins fréquentes. Donc on arrive à un âge, passé 55 ans, où on peut se poser la question du rapport bénéfice-risque de ces traitements qu'on impose aux patients qui finalement sont probablement moins efficaces et probablement associés à plus d'effets indésirables, notamment infectieux. Donc on propose d'arrêter les traitements. Mais pas n'importe quel patient, pas n'importe quel traitement. On prend quand même des patients qui ont un très bon pronostic de façon à ne pas les exposer à un risque de rechute inconsidéré. Et là aussi, c'est aussi une étude qui est basée sur la surveillance en imagerie avec des IRM qui ont lieu tous les 6 mois pendant 2 ans pour être certains qu'on ne laisse pas s'installer de l'inflammation petit à petit chez ces malades. Parce que là aussi, dans cette maladie, on peut avoir de l'inflammation à l'IRM, donc sur l'imagerie cérébrale, avant d'avoir d'authentiques symptômes de la maladie. 

Ce vendredi 20 mars, France Sclérose en Plaques ouvre ses portes. Dans le Bas-Rhin, deux rendez-vous sont proposés sur inscription à Illkirch et Strasbourg. 


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