Lohr : L’association Les Piverts organise une réunion sur le hérisson, une espèce en danger
Ce vendredi 10 avril, l'association alsacienne Les Piverts organise une réunion publique dédiée au hérisson. L'objectif, le présenter et donner des clés pour mieux le protéger. On en parlait ce matin avec notre invité.
Son N°1 - L’association Les Piverts organise une réunion sur le hérisson, une espèce en danger
Christophe Reynaud - Chargé de projet naturaliste à l'association Les Piverts
Avant de parler plus en détail de cette réunion, quelle est la situation aujourd'hui ? Le hérisson est un animal protégé, on le sait, mais est-il un animal menacé ?
Depuis 2024, il a été classé quasi menacé par l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), qui est l'organisme qui statue sur l'état de conservation de toutes les espèces. Ce qui n'était pas le cas auparavant pour le hérisson. On va dire qu'il n'est même pas en grande forme.
On a des chiffres, c'est quelque chose qui se comptabilise ?
Je n'aurai pas de chiffres précis comme ça à vous donner. Après, c'est plus une tendance des populations qui est plutôt une tendance à la baisse.
Ce vendredi, vous allez présenter le hérisson avec des experts du GEPMA, le groupe d'études et de protection des mammifères d'Alsace, et du GORNA, le groupement ornithologique du refuge nord Alsace. L'objectif, c'est quoi ? Mieux connaître pour mieux protéger ?
Exactement. En fait, on aura le GEPMA qui sera l'association, "experte en mammifères", pour nous présenter finalement c'est quoi un hérisson, comment ça vit, quels sont ses besoins. Et après, le GORNA aura plus un axe centre de soins, c'est-à-dire qu'ils reçoivent actuellement énormément de hérissons blessés, malades ou autres. Ça représente jusqu'à 70% des mammifères qu'ils reçoivent. Donc, c'est un peu ça qui nous avait alertés. C'est un constat général, le changement de classement par l'UICN et ensuite également un constat un peu local, c'est-à-dire que les hérissons sont des animaux qui ne sont pas en grande forme dans les centres de soins.
Quand on pense aux menaces qui pèsent sur le hérisson, on pense aux routes. Mais finalement, est-ce qu'il y a d'autres choses ?
Il y a tout simplement les robots tondeuses. Mon petit conseil, d'ailleurs, c'est de ne pas les faire fonctionner de nuit, parce que les hérissons sont un animal nocturne. Ces robots tournent tout seuls et s'il y a un hérisson, je ne suis pas sûr qu'ils s'en rendent compte. Donc, ils vont continuer leur chemin. Ça peut faire des dégâts. Après, un autre élément important, c'est qu'on parle beaucoup en ce moment de continuité écologique ou de trame verte. C'est la jonction entre tous les différents habitats. Il faut avoir en tête qu'un hérisson, chaque nuit, peut parcourir de 1 à 4 kilomètres. Donc, finalement, l'image d'un hérisson qui serait dans un jardin, c'est un peu une image erronée. Il ne va pas rester uniquement là. Ce qui est très, très important, c'est que finalement, les jardins ou tous les espaces où l'hérisson va vivre soient interconnectés. La première étape qu'on peut faire pour préserver le hérisson, c'est faire des petites ouvertures dans les clôtures pour que le hérisson puisse librement circuler. On dit qu'un petit carré de 13 centimètres par 13 centimètres suffirait à le laisser passer d'un jardin à un autre. Et donc, dans ce cas-là, ouvrir en direction d'un autre jardin et pas en direction d'une route.
En quoi aujourd'hui, le hérisson est indispensable à la planète, à la biodiversité ? C'est quoi son rôle ?
C'est un rôle de régulateur. Ces dernières années, on parle beaucoup de problèmes de limaces dans les jardins. Le hérisson mange tout ce qui est invertébré. Tout ce qui est gastéropode, limaces, escargots. Et ensuite, également, toute la petite faune du sol qui peut parfois être trop importante. Donc il est régulateur mais ce qui nous intéresse aussi, c'est qu'on appelle ça une espèce sentinelle. C'est-à-dire que quand on constate que le hérisson va un peu mal, on sait que globalement, il y a beaucoup d'autres espèces qui vont mal aussi. Et donc, c'est là où on a un peu le corollaire de ça. On appelle ça aussi une espèce parapluie. Et donc, si on va le protéger, on va protéger énormément d'autres espèces en parallèle.
Si toutes ces questions vous intéressent, rendez-vous ce vendredi à 18h à Lohr à la salle Zanger.


