Guy Untereiner, artiste peintre et illustrateur, exporte ses œuvres alsaciennes dans le monde entier
Cet été, la rédaction de Radio Mélodie vous fait découvrir le territoire et ses richesses. On commence cette première semaine en Alsace bossue et, aujourd’hui, ce n’est pas un lieu qu’on vous fait découvrir, mais une personne. Guy Untereiner est artiste peintre et illustrateur. Un personnage haut en couleur que nous avons rencontré dans son atelier à Drulingen.
Son N°1 - Guy Untereiner, artiste peintre et illustrateur, exporte ses œuvres alsaciennes dans le monde entier
Quand il n’est pas en voyage, c’est dans son atelier qu’on peut trouver Guy Untereiner, jamais à court d’idées.
Là je vais sortir une toute nouvelle collection, dans un ou deux mois, une nouvelle collection bretonne. Je fais 24 cartes bretonne.
Une continuité pour cet amoureux des cultures régionales qui ne se lasse pas de dessiner l’Alsace.
L’Alsace a l’avantage d’être une région très ciblée, très riche culturellement. Vous avez tout. Vous avez le kelsch, ce tissu rustique, tissé, carreauté et vous avez les indiennes, les cachemires de Mulhouse, ces magnifiques impressions, des choses fabuleuses, extraordinaires, tout a une entité. Même la nourriture est culturelle. Vous avez le Oschterlammele, c’est une génoise. Des œufs, de la farine, du sucre, ça se trouve toute l’année, mais ça n’existe qu’à Pâques, et je joue avec ça.
L’artiste joue avec les thèmes, mais aussi les formes et les supports.
Là ce sont des collages. J’ai des papiers, j’ai des journaux, partout où je vais. Là ce sont des torchons. Je fais des dessins pour des tissus, des nappes. Je fais des portraits à ma sauce.



30 000 cartes postales imprimées par an
À côté de son atelier, une petite pièce fait office de boutique. Une caverne d’Ali Baba avec l’incontournable présentoir à cartes postales, un support qui l’a fait connaître et qui fait encore aujourd’hui la réputation du dessinateur.
J’ai commencé à faire des cartes postales chez Pierron, à Sarreguemines. Aujourd’hui, on en imprime 30 000 par an, c’est énorme. J’ai un site de vente et ma fille en expédie en Australie, aux Etats-Unis, partout…

Et il y a un pays qui affectionne particulièrement son travail, c’est le Japon. En plus d’y être très régulièrement invité, il reçoit aussi la visite de tours-opérateurs.
Ils me font signer sur des boîtes, sur tout… Ils vous starifient. Ils aiment ce côté traditionnel alsacien. Quand j’étais à Osaka, ils avaient fait tout un village alsacien, c’était extraordinaire.
À 67 ans, le dessinateur ne pense pas aujourd’hui à poser son pinceau.
C’est ma vie. Je dessinerai jusqu’à la fin.

De la pâtisserie aux dessins régionaux en passant par la haute couture
Fils de boulanger, Guy Untereiner a d’abord fait des études de pâtisserie. Après son apprentissage, il est parti à Paris faire une école de mode, la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, et a notamment travaillé pour Thierry Mugler. Même s’il a aimé Paris, le mal du pays le fait rentrer en Alsace. Il enchaîne alors les petits boulots, notamment comme plongeur au Soldat de l’An II à Phalsbourg et c’est l’établissement qui lui propose d’exposer ses dessins dans le restaurant. Après ça, il travaille chez Pierron, à Sarreguemines, pour dessiner des cartes postales, puis dans une manufacture où il dessine pour du linge destiné aux grandes fortunes. Un passage qui l’a conduit à travailler chez Beauvillé à Ribeauvillé, où, pendant dix ans, il a dessiné des nappes et des torchons.
Aujourd’hui encore, Guy Untereiner continue ses collaborations entre grandes maisons parisiennes et certains projets beaucoup plus modestes. Notez par exemple que c’est lui qui, chaque année, dessine l’affiche du Salon du foie gras de Phalsbourg.


