Sarreguemines : À 70 ans, le dernier artisan brodeur du secteur veut transmettre son savoir-faire
À 70 ans, il n’a rien perdu de son caractère… ni de son talent ! Dominique Szczepaniak brode depuis près de 40 ans et son savoir-faire dépasse largement les frontières de Sarreguemines. Né à Rouhling, ce passionné est aujourd’hui le seul artisan brodeur du secteur avec son magasin Maxi Brod. Médaillé de bronze de la Reconnaissance Artisanale, il a travaillé pour de grandes marques… et confectionne aussi drapeaux, médailles et autres pièces pour montrer à sa façon, son amour pour la patrie.
Son N°1 - À 70 ans, le dernier artisan brodeur du secteur veut transmettre son savoir-faire
Faire un programme de broderie et faire de la broderie, c'est un métier !
Dominique n’a jamais compté ses heures pour apprendre, lui qui a travaillé pour les Houillères et tenu une armurerie. Autodidacte, il a tout appris sur sa première machine qui coûtait à l’époque 430 000 francs.
Il fallait mettre par des chiffres ce que vous alliez faire, et par ces chiffres, vous aviez une disquette avec des dessins dedans, et des écritures. Mais il n'y avait pas encore beaucoup d'écritures.
Toujours derrière sa patrie, du football aux commémorations
Son travail très méticuleux a fait parler allant même jusqu’aux oreilles des responsables d’Adidas. De 1992 à 2010, il avait la charge de réaliser les écussons sur les maillots de l’équipe de France de football. 1998 restera dans sa mémoire.
Pour l'équipe de France, j'avais un stock énorme de maillots. Si le match était gagné, je devais tout de suite le lendemain matin mettre les étoiles. Le lendemain, j'ai mis les étoiles, le surlendemain, les maillots étaient vendus.
Broderie, vêtements, drapeaux, médailles et gravures, Dominique a dans son catalogue 77 000 articles qu’il peut produire. Réaliser un drapeau est toujours un honneur pour lui.
Je suis toujours heureux de faire un drapeau, parce que c'est une pièce unique ! C'est un travail très méticuleux, j'ai des drapeaux qui ont fait jusqu'à 1.5 millions de points.


Transmettre pour faire perdurer le savoir
Aujourd’hui, le septuagénaire aimerait transmettre ses connaissances pour faire perdurer sa boutique.
Ça serait vraiment dommage que tout s'arrête, parce que j'ai un patrimoine énorme. J'ai vu beaucoup d'entreprises qui n'existent plus aujourd'hui... Sur cet ordinateur, je peux vous faire défiler des milliers de programmes.
Le sous-préfet, Wassim Kamel, a promis au gérant de trouver des solutions afin de pouvoir garder ce savoir à Sarreguemines.
On a une difficulté aujourd'hui, réelle, sur la transmission. C'est une entreprise qui fonctionne bien depuis 4 décennies, qui a un renom, c'est une entreprise qui a une vraie clientèle, mais son propriétaire a 70 ans. Il faut que cette activité économique d'exception perdure sur notre territoire.




