Au parc Sainte-Croix, quatre ours bruns pour raconter les enjeux de la protection de l’espèce
L’arrivée de quatre ours bruns de Roumanie au Parc Sainte-Croix doit donner du sens à leur protection. Anita, Alexandra, Chance et Thomas sont les quatre nouveaux pensionnaires du parc de Rhodes. Nés en janvier 2024 en Roumanie, ces jeunes ours bruns ont connu des débuts difficiles avant d’être pris en charge par le parc mosellan.
Son N°1 - Au parc Sainte-Croix, quatre ours bruns pour raconter les enjeux de la protection de l’espèce
Après un voyage de 35 heures et plusieurs jours d’acclimatation, ils découvrent désormais leur nouvel environnement, où tout est fait pour leur offrir une vie plus paisible et sécurisée. Anthony Kohler, directeur zoologique du Parc Sainte-Croix, nous explique les conditions de leur arrivée.
Cette fratrie a malheureusement vécu un drame, puisque leur mère a été victime de braconnage ; elle a donc été tuée, elle a disparu et ils ont dû apprendre à vivre tout seuls pendant X jours. Ils se sont rapprochés des poubelles et ont été capturés par les autorités ; ils ont été confiés à un sanctuaire qui les a gardés pendant 2 ans.

Photo : Jérôme Trallero
Sensibiliser la population à une espèce en souffrance
Au-delà de leur offrir un refuge, le Parc Sainte-Croix souhaite également profiter de leur histoire pour sensibiliser le public à la protection des ours bruns. Leur présence doit permettre aux visiteurs de mieux comprendre les menaces qui pèsent sur cette espèce et l’importance de sa préservation. Solenn Pellé, cheffe de projet en charge de la muséographie des ours bruns.
C'est d'abord d'accrocher les visiteurs avec une approche émotionnelle, où ils se mettent dans les « pattes » de l'ours, à travers ses sens : ils vont voir et sentir, ils vont expérimenter son territoire et comprendre les enjeux de cohabitation avec l'humain pour avoir un peu plus d'empathie envers lui, afin ensuite de les sensibiliser à agir et à devenir des gardiens de l'ours.
Pour observer les quatre nouveaux pensionnaires, il faudra parfois faire preuve d’un peu de patience. Les ours peuvent passer de longues périodes à l’abri dans la végétation.



Nous avons demandé à Solenn Pellé de nous parler de la situation de l’ours brun en France. Ils sont aujourd’hui moins d’une centaine sur le territoire, ce qui en fait la plus petite population d’ours bruns d’Europe.
Il y a vraiment une alarme à sonner aujourd'hui en France, dans les Pyrénées, pour les ours : c'est la consanguinité. Les gens pensent que tout va bien pour eux, puisque, d'année en année, la population augmente, et pourtant elle est quand même en train de courir à sa perte, puisqu'on a des individus qui descendent principalement de deux femelles et d'un mâle.
Une relation de confiance à créer
Pendant notre échange avec Anthony Kohler, un des quatre ours a justement décidé de pointer le bout de son museau et de sortir de la roselière.
Et là, vous voyez un ours qui arrive tranquillement ; vous voyez un individu qui vient boire, qui est arrivé au trot. L'ours a une démarche à l'amble qui donne une allure un peu pataude, un peu surprenante, et qui là, hop, se gratouille un peu derrière, qui fait le tour... Et on va voir si d'autres vont suivre derrière ou pas.
Pour l’instant, l’adaptation à leur nouvel environnement se poursuit. Chaque ours consomme environ 9 kilos de légumes par jour et pèse près de 120 kilos. L’équipe du parc veille progressivement à leur bien-être et à leur future relation.
On doit créer une relation de confiance. Pour certains, comme Thomas, ça va être très rapide ; c'est d'ailleurs le cas, c'est déjà acquis. Mais pour une femelle comme Alexandra, ça va prendre plusieurs semaines, et on s'adaptera à elle, on prendra le temps nécessaire. C'est un beau challenge pour les équipes, mais c'est un challenge qui a du sens, donc c'est plus facile.
La protection des ours ne s’arrête pas aux pensionnaires du parc. Depuis 2014, le Parc Sainte-Croix soutient également, aux côtés d’associations, la préservation de l’ours brun dans les Pyrénées.


