Fumées en Moselle : ce que nous respirons et les précautions à prendre avec ATMO Grand-Est
Fumées et odeurs irritables, la Moselle affronte à sa façon le gros incendie belge. La réserve naturelle des Hautes Fagnes est en feu depuis plusieurs jours et a des conséquences sur l’air que l’on respire en Moselle. Les vents entrainent par vague des particules nocives qui devraient toutefois diminuer dans les prochains jours. On a interrogé à ce sujet Cyril Pallares, directeur opérationnel Atmo Grand Est pour comprendre ce phénomène jugé inédit.
Son N°1 - Fumées en Moselle : ce que nous respirons et les précautions à prendre avec ATMO Grand-Est
Samedi soir, un vent de panique a soufflé sur la Moselle : une forte odeur de brûlé s’est répandue et le ciel s’est voilé. Avec elle, des particules fines ont été transportées dans l’air.
On a atteint des niveaux de 300 microgrammes par m3, là où d'habitude on tourne autour de 20 microgrammes par m3.
Un phénomène inédit, par son ampleur mais aussi par la période à laquelle il survient.
Les particules, d'habitude, c'est un polluant hivernal qui est lié à la combustion lorsqu'il y a du chauffage, quand les moteurs sont froids, etc.
Et respirer cet air chargé en particules peut effectivement avoir des conséquences sur notre santé, notamment nos bronches.
Quand ça vient de la combustion, on a dedans des imbrûlés, c'est-à-dire des composés organiques qui ont été brûlés et décomposés en partie, et qui, eux, peuvent s'avérer nocifs.
En cas de forte odeur de brûlé, Cyril Pallares recommande de fermer portes et fenêtres pour limiter l’exposition.
Alors, évidemment, on ne peut pas vivre les fenêtres fermées tout le temps ; c'est au moment où il y a une accalmie, où vous ne sentez pas l'odeur, que vous pouvez aérer vos intérieurs.

Eviter l'exposition aux personnes fragiles
Les personnes les plus vulnérables doivent également éviter les sorties, en particulier lorsque les fumées sont très présentes.
On entend par personne vulnérable : les insuffisants respiratoires, les enfants en bas âge (de moins de 6 ans), les femmes enceintes et toutes les personnes qui souffrent de maladies.
Mais pour le directeur opérationnel d’Atmo Grand Est, l’optimisme reste de mise : la situation devrait progressivement s’améliorer dans les prochains jours.
Ça va dépendre de deux choses : la première, la durée de l'incendie, à quel moment il sera maîtrisé puis éteint ; la deuxième, la météo, la pluie devrait rabattre les particules au niveau du sol et assainir l'air.
Vous pouvez suivre l’état de l’air chaque jour sur le site Atmo Grand-Est.
Les mesures prises par la préfecture de Moselle
Face à cette situation, la préfecture de Moselle a pris plusieurs mesures pour limiter et éviter une aggravation de la pollution de l'air :
- Les sites responsables localement des émissions les plus importantes mettent en oeuvre les dispositions prévues dans leur arrêté d'autorisation ICPE en cas d'alerte à la pollution de niveau 1 ;
- Tout brûlage à l'air libre de déchets verts est interdit – sauf pour motif de sécurité publique. Les dérogations au règlement sanitaire départemental, art. 84 sont suspendues ;
- Les opérations de brûlage à l'air libre des résidus agricoles sont interdits jusqu'à la fin de l'épisode ;
- Les travaux générateurs de poussières (chantier de démolition, …) sur les chantiers ne peuvent être réalisés que si un arrosage permettant l’abattage des poussières est mis simultanément en oeuvre ;
- Les feux d’artifice sont interdits ;
- Sur le réseau autoroutier et les routes à chaussées séparées, la vitesse maximale autorisée pour tous les véhicules est abaissée de 20 km/h sans descendre en dessous de 70 km/h. Pour les autocars et poids lourds (>3.5t) cette baisse de 20 km/h de la vitesse maximale autorisée ne s'applique pas sur les tronçons limités à 130 km/h ;
L’épisode de pollution se prolongeant au moins jusqu'au mardi 18 août, les mesures énoncées seront maintenues et renforcées le mardi 18 août par les mesures suivantes :
- La vitesse maximale autorisée pour les véhicules est abaissée de 20 km/h sans descendre en dessous de 70 km/h sur l'ensemble du réseau routier du département ;
- Les sites industriels responsables localement des émissions les plus importantes mettent en oeuvre les dispositions prévues dans leur arrêté d'autorisation ICPE en cas d'alerte à la pollution de niveau 2.
Les mesures prises par le préfet seront levées dès que la procédure d’alerte sera levée.


