Le CoReSS Grand Est coordonne la prévention, le dépistage et la santé sexuelle


par Camille Bazin
vendredi 4 septembre 2026 à 09:18

Le CoReSS Grand Est coordonne la prévention, le dépistage et la santé sexuelle

Aujourd'hui 4 septembre, c'est la journée mondiale de la santé sexuelle et à cette occasion, dans le Grand Réveil, on parlait ce matin prévention, dépistage et prise en charge de la santé sexuelle avec notre invitée.

Son N°1 - Le CoReSS Grand Est coordonne la prévention, le dépistage et la santé sexuelle

Anne Misbach - coordinatrice CoReSS Grand Est (Le Comité de coordination Régionale de la Santé Sexuelle)

Selon les données de santé publique France, les infections sexuellement transmissibles connaissent une hausse continue ces dernières années. Comment est-ce qu'on explique cette hausse ? Est-ce que vous avez des chiffres peut-être pour la région ?

Oui, alors effectivement les données montrent une augmentation des diagnostics d'IST que l'on peut expliquer par deux phénomènes. La première, il y a une circulation accrue des IST pour plusieurs raisons : une moindre utilisation systématique du préservatif, la multiplication et puis le renouvellement de partenaires, ça augmente également le risque de transmission et puis le fait que certaines IST soient insymptomatiques. On peut donc transmettre une infection sans se savoir infecter. L'autre explication, c'est qu'on a un accès au dépistage qui s'est vraiment amélioré ces dernières années et ça on ne peut vraiment que s'en réjouir. Aujourd'hui, vous pouvez aller vous faire dépister dans un CeGIDD, dans un centre de santé sexuelle, vous pouvez aller au laboratoire et demander un dépistage sans ordonnance. Donc l'augmentation du dépistage, c'est que mécaniquement on va trouver davantage de cas.
Donc on trouve davantage d'infections parce qu'il y en a plus mais aussi parce qu'on les cherche mieux. Avant de vous donner quelques chiffres, j'aimerais aussi peut-être vous rappeler qu'avoir une IST, ce n'est pas une honte. C'est fréquent, ça peut arriver à n'importe qui. Mais ce qui est important, c'est le dépistage pour pouvoir être traité. Et ne pas la transmettre, surtout. Alors les chiffres sont quand même plutôt rassurants, mais les infections à chlamydia sont stables. On a la gonococcie qui augmente particulièrement chez les hommes. On a aussi une légère augmentation de la syphilis, particulièrement chez les hommes également. Dans certains endroits du territoire, en région, on a des cas de variole P, ce qu'on appelait le mpox, la variole du singe alors qu'il existe un vaccin, je ne peux que vous inciter à aller vous faire vacciner si vous êtes dans des situations à risque. Et puis nous avons dépisté 300 personnes pour une infection à VIH en 2025. C'est un chiffre qui est relativement stable.

Concernant les traitements, est-ce que des progrès sont faits, notamment dans la prise en charge du VIH ? Est-ce qu'aujourd'hui on peut "guérir du sida" ?

Alors, on ne parle pas de sida, mais plutôt du VIH parce que le sida, c'est un stade avancé de l'infection à VIH. Alors comme vous dites, on n'arrive pas encore à éliminer définitivement le VIH de l'organisme. Donc on ne parle pas de guérison. Par contre, on a des progrès thérapeutiques qui sont absolument considérables. Nous disposons de traitements efficaces qui empêchent le virus d'évoluer vers un stade sida et qui permettent de rester en bonne santé. Ce qu'il faut retenir peut-être ce matin, c'est qu'une personne séropositive, si elle est correctement traitée et que sa charge virale est indéfectable, elle ne transmet plus de VIH. Et ça, c'est vraiment une révolution dans la lutte contre le sida. Par contre, pour bénéficier du traitement et de ces traitements qui sont efficaces, il faut pouvoir être dépisté. Donc le vrai enjeu, c'est d'aller dépister les personnes qui s'ignorent. Et on imagine qu'on a à peu près 500 personnes qui vivraient en région Grand Est avec une infection à VIH non dépistée, donc non traitée.

Et justement, ça fait partie de vos missions au niveau du comité de coordination régionale de la santé sexuelle, de coordonner cette prévention, ce dépistage, cette prise en charge de la santé sexuelle. Concrètement, comment vous agissez ? C'est quoi vos outils ?

Concrètement, notre objectif, c'est que chacun puisse trouver au bon moment la bonne information, le bon professionnel et le bon parcours. Ça, c'est notre ligne. Et vos auditeurs, d'ailleurs, peuvent trouver sur le site internet du CoReSS Grand Est une cartographie interactive où, avec quelques clics, vous allez pouvoir trouver la bonne adresse près de chez vous pour aller vous faire dépister, pour trouver une contraception, pour une demande d'IVG ou un accompagnement autour des violences. L'autre action que nous avons, ça ne vous aura peut-être pas échappé, qu'au niveau national, il y a peu de campagnes de prévention autour de la santé sexuelle. Et donc, on essaye d'y remédier en région. On décline différentes campagnes d'information. La dernière, c'est « Kiffez-vous ». D'ailleurs, vous la retrouvez aussi sur notre site. Une campagne qu'on a voulu avec des messages un peu positifs autour de la sexualité. Et puis, une campagne sur le consentement. Que le consentement, ça s'entend. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la santé sexuelle est un état de bien-être qui permet à chaque personne de vivre sa vie affective et sexuelle de manière positive, respectueuse et sécurisée, dans le respect de ses droits, de ceux des autres et de son propre consentement. Est-ce que ces dernières années, le volet consentement a pris plus d’ampleur ?

Oui, le consentement a pris davantage de place ces dernières années. Que ce soit à la fois dans l'éducation à la sexualité, dans les campagnes de prévention et puis, de manière générale, dans le débat public. On est passé d'une logique de prévention des risques à une approche plus globale en santé sexuelle. Pendant longtemps, on vous parlait de contraception, de grossesses non-désirées, d'IST. Aujourd'hui, on essaie d'être davantage sur la capacité à choisir, à communiquer, à poser ses limites, à respecter aussi celles de l'autre, d'ailleurs, et de vivre dans une sexualité sans violence. Il y a aussi une évolution culturelle très importante. La parole s'est libérée autour des violences sexuelles et sexistes et on interroge davantage des situations qu'on aurait pu banaliser autrefois, la pression, l'emprise et on ne peut que s'en réjouir. On peut, quelques fois, avoir peur et agir sous pression et ne pas parvenir à réagir. Et donc, le consentement, c'est pouvoir dire oui, c'est pouvoir dire non, et c'est aussi pouvoir changer d'avis. Et on est ravis, au CoReSS que le consentement soit davantage mis en lumière aujourd'hui dans les débats et dans les échanges.


La Mélodie Family
vague3 vague2 vague1

Musique, actu, jeux, bonne humeur...


Ecoutez en direct :
La Mélodie Family

Dans le reste de l'actu...

Bonnes affaires, gastronomie et sorties culturelles au programme de ce week-end

il y a 1 h 52 min

En Régional 1, l’US Nousseviller veut grandir sans renier ses valeurs

il y a 4 h 30 min

Diebling : Voyage aux Etats-Unis avec l’American Queens Show

il y a 5 h 1 min

Bitche : Des ordinateurs distribués par la Région aux lycéens pour l’égalité des chances

il y a 5 h 1 min

Voir toute l'actu

Flash InfoMetz Handball va devoir défendre son titre en Ligue des Champions

il y a 3 h 7 min

Flash Info3ème journée en Régionale 1 de football ce week-end

il y a 3 h 8 min

Flash InfoStrasbourg et Metz sont à la recherche de stabilité en championnat

il y a 3 h 9 min

Flash Info« C’est le combat d’une vie » qui attend la boxeuse Flora Pili ce week-end

il y a 3 h 10 min

Flash InfoAmifilm recherche des figurants à Bitche pour le tournage de son prochain film « Le Pont du Rhin »

il y a 3 h 10 min

Voir toute l'actu

Un site fièrement propulsé par