Manque de médecins : quelles solutions pour le bassin de Sarreguemines ?
Le bassin de vie de Sarreguemines souffre d’un manque de médecins généralistes. Aujourd’hui, 42 généralistes sont recensés au sein de la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé – CPTS - qui va de Grosbliederstroff à Oermingen. Il y en a 16 rien qu’à Sarreguemines. Un nombre loin d’être suffisant pour soigner plus de 51 000 habitants répartis dans 27 communes.
Son N°1 - Manque de médecins : quelles solutions pour le bassin de Sarreguemines ?
Aujourd’hui, il est coutume de dire qu’on a de « la chance » d’avoir un médecin traitant. Beaucoup n’en ont pas comme l’explique Anne Beck-Geopfert, vice-présidente de la CPTS Vallée de la Sarre.
On a un petit peu plus de 3 000 patients de plus de 17 ans sans médecin traitant. Ce chiffre a fortement augmenté suite à des départs non programmés de 2 praticiens sur Sarreguemines.
Selon l’ARS, un patient à Sarreguemines bénéficie de 2.8 consultations par an. Une donnée qui commence à interpeller à en croire Lamia Himer, directrice de la Délégation Territoriale ARS de la Moselle.
Le niveau critique c'est en dessous de 2.5, c'est ce qui correspond d'ailleurs au territoire de Bitche. Sarreguemines, en soit, n'est pas le territoire le plus fragile, néanmoins on voit qu'il y a des fragilités, on voit qu'il y a une plus grande difficulté à accéder aux soins, et donc avec une densité médicale qui a plutôt tendance aujourd'hui à diminuer qu'à grossir.
Lamia Himer
Le terme de « désert médical » n’est pas approprié pour Sarreguemines et environs. Toutefois, 7 médecins doivent partir à la retraite dans les 3 prochaines années. Si peu de nouveaux médecins s’installent, docteur Caroline Roth, installée à Blies-Ébersing a une explication.
C'est difficile parce que les jeunes médecins ne sont pas formés à travailler dans des lieux isolés, où il n'y a pas d'accès aux spécialistes. On n'est pas du tout formé à ça, ça leur fait très peur, et l'installation c'est aussi une grosse galère administrative. Les jeunes médecins n'ont donc pas envie de se lancer là-dedans, c'est une galère financière aussi, ça coûte très cher de s'installer.
Du soutien et de l'espoir avec une vague de docteurs junior
Si des zones incitatives existent pour faire venir des médecins, ils sont toutefois libres de s’implanter où ils le souhaitent. La Moselle-Est peut quand même espérer prochainement des bonnes nouvelles.
Il y a une vague de formations dont on va déjà bénéficier pour les docteurs junior à partir de novembre 2026. On a aussi un niveau d'internes supplémentaires sur la Lorraine, et donc potentiellement un nombre d'installations ou de contrats supplémentaires dans les années à venir.
Les communes, la CASC et l’ARS proposent des aides à l’installation. Exemple avec l’agglomération et sa vice-présidente en charge de la santé, Christine Carafa.
On a effectivement débloqué l'aide à l'installation qui peut aller jusqu'à 20 000 euros sur du matériel.
Christine Carafa
L’ARS mise également sur la formation des infirmiers en pratique avancée afin de pallier le manque de médecins généralistes. Des maisons France Santé comme les maisons France Services vont arriver prochainement.


