Sarreguemines : "40% des personnes qui viennent aux urgences ne relèvent pas vraiment d’une urgence médicale"
Le recours aux urgences est de plus en plus fréquent pour les malades sans notion de gravité. Faute de médecin généraliste, de nombreux patients se tournent vers les urgences pour être soignés. Une situation qui alourdit la charge de travail des équipes hospitalières. Romain Gravier, médecin urgentiste à l’hôpital Robert-Pax de Sarreguemines, témoigne de son quotidien et de celui de ses collègues.
Son N°1 - "40% des personnes qui viennent aux urgences ne relèvent pas vraiment d’une urgence médicale"
Je pense qu'on peut dire qu'il y a 40% des gens qui sont aux urgences et qui ne relèvent pas vraiment d'une urgence médicale.
Une perte de temps qui complique au final tout un système.
Là, à l'heure actuelle, on fait face à une pénurie de lits d'aval. Vous commencez donc la journée avec 10-15 voire 20 patients en attente de lits dès le matin, et le temps de gérer ça, vous avez un nombre indéfini de cas qui ne relèvent pas forcément de l'urgence qui arrivent dans l'intervalle, et qui nous font arriver à des plateaux comme aujourd'hui où vous avez 45-50 patients en attente d'être vus ou d'être hospitalisés.

Des nuits compliquées
Le constat est plus criant la nuit.
Quand je suis arrivé ici en 2018, nos nuits étaient relativement tranquilles, vous aviez 2-3-4 patients dans la nuit qui relevaient de l'urgence gravissime et on était concentré sur notre corps de métier. Maintenant, et depuis 2-3 ans ici, les gens viennent à toute heure, quel que soit le motif, souvent une population assez jeune.
Romain Gravier craint de voir des médecins urgentistes arrêter la profession.
Si on commence à enchaîner les nuits blanches, encore une fois en dehors de toute urgence, je pense que très rapidement la lassitude va s'installer, et même au niveau des urgentistes, alors qu'on est un service relativement costaud actuellement dans le contexte actuel des urgences, je pense que ça peut avoir des répercussions sur le nombre d'agents qui bossent encore à Sarreguemines.
Pour ne pas engorger les urgences, il est recommandé d'appeler le 15 avant de s'y rendre.



