En 5 ans, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 80% à la Banque Alimentaire du Bas-Rhin


par Margot Benabbas
mercredi 14 octobre 2026 à 09:36

En 5 ans, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 80% à la Banque Alimentaire du Bas-Rhin

La Banque Alimentaire est dans l’urgence et pour affronter la hausse du nombre de bénéficiaires, elle avance sa collecte nationale.

Son N°1 - En 5 ans, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 80% à la Banque Alimentaire du Bas-Rhin

Jean SERRATS, président de la Banque Alimentaire du Bas-Rhin et vice-président de la fédération française des banques alimentaires.

La précarité alimentaire reste à un niveau historiquement élevé en France, plus de 15% des Français sont concernés. Quelle est la situation dans le département du Bas-Rhin ?

Il y a, au niveau national, entre 9 et 10 millions de personnes qui sont dans cette situation. C’est un chiffre au plus haut depuis une trentaine d’années. En ce qui concerne le Bas-Rhin, malheureusement, dans notre beau département qui n’est pas le plus pauvre de France, la progression des gens que nous servons par l’intermédiaire de nos associations partenaires a fortement augmenté. En 5 ans, nous sommes passés de 38 000 personnes à 68 000 soit +80%. Une situation qui est extrêmement préoccupante.

De nouveaux publics sollicitent l’aide alimentaire ? Des gens qu’on ne voyait pas avant ?

Exactement, vous vous doutez bien que quand on a un Français sur 7 qui est en situation de précarité alimentaire, pardonnez moi l’expression, mais ça ne peut pas être que des SDF. Nous constatons l’émergence de nouveaux publics, on appelle ça les travailleurs pauvres. Ce sont des gens qui ont un job. Nous constatons, parmi les gens que nous accompagnons que 10% d’entre eux ont un travail à temps complet en CDI. Malheureusement, avec l’inflation, avec la hausse des produits énergétiques, ce sont des personnes qui, il y a quelques années arrivaient à booker leurs budgets et maintenant n’y arrivent plus. Un étudiant sur 3 est en précarité alimentaire. Nous avons également beaucoup beaucoup de familles monoparentales, qui dit famille monoparentale dit maman seule en général. Donc, nous avons l’émergence de personnes que nous accompagnons que nous ne connaissions pas au préalable. 

La collecte nationale est avancée cette année et se déroulera les 6, 7 et 8 novembre. Pourquoi cette décision ?

C’est une décision qui a été prise pour une raison très simple. Fin novembre, c’est déjà le début des ventes de Noël, également, il y a quelques temps a été lancé en France le phénomène du « Black Friday » qui fait que nos partenaires dans la distribution sont vraiment très focalisés sur cette opération et, avec leur accord, nous leur avons proposé d’avancer cette date de collecte au début du mois, ce qui leur a convenu et ce qui nous convient aussi. Ça nous permettra d’effectuer cette collecte qui est extrêmement importante pour nous puisqu’elle représente à peu près 10% de ce que nous sommes amenés à distribuer tout au long de l’année. Nous pensons qu’elle se déroulera dans des conditions beaucoup plus pratiques pour tout le monde.  

Avez-vous besoin de bénévoles pour cette période ?

Bien sûr. Cette grande collecte annuelle nécessite pour nous la mise en place de très nombreux bénévoles. Au niveau national c’est 125 000 personnes qu’il nous faut et au niveau du Bas-Rhin 5000 personnes. Nous n’en avons jamais assez. Être bénévole pour la collecte c’est un engagement qui n’est pas très long. Il y a des créneaux horaires qui commencent à partir de 2h. Il suffit de venir s’inscrire auprès de notre banque alimentaire et c’est avec grand plaisir que nous accueillerons de nouveaux participants.

La Croix-Rouge, les Restos du Cœur, Emmaüs, la Banque Alimentaire… Beaucoup d’associations solidaires ont des besoins… Face aux coûts de la vie, craignez-vous cet hiver une baisse des dons ?

La conjoncture est maussade, tout le monde le sait. Ce que nous savons c’est que les Français, globalement, conservent un sens de la générosité qui reste assez fort. Malheureusement, la problématique de l’inflation touche tout le monde. Nous avons constaté que les Français donnent en général à peu près la même somme. Le problème c’est qu’avec des produits alimentaires qui ont augmenté de 15 à 20% au cours des derniers mois, pour la même somme nous allons pouvoir récolter entre 15 et 20% de produits en moins. Voilà la problématique. Les Français restent à peu près généreux dans les mêmes proportions mais pour nous ça se traduit par des quantités en nette diminution année après année.

 


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