Le savoir-faire de mère en fille

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Le savoir-faire de mère en fille

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Épisode du mardi 28 juillet 2026 à 10:40

Dans les coulisses de Style & Création à Morsbach.

Il y a Florine la fille et Yvette la maman.

Je suis décoratrice d’intérieur, je réalise tout ce qui est voilages, stores bateaux, panneaux japonais et tout ce qui est tissu, couvre-lit, coussins, différents articles de décoration.

Comment est née l’entreprise ? Yvette, c'est toi qui l’as créée ?

Oui, après le départ en retraite de mon ancienne patronne, j’étais dans les robes de mariées. Suite à ça, je me suis dit, bon j’avais toujours une passion pour la décoration d’intérieur. J’avais une formation de couture floue par une dame très gentille, madame Sauder.

Et toi, Florine, comment t’es venue cette idée de devenir tapissière ?

Moi, j'ai toujours été un peu bercée par l'artisanat, par le savoir-faire, le fait maison.

Quand on voit maman faire.

Oui, c'est un peu ça, oui, c'est les premiers pas dans l'atelier, c'est la découverte, un peu une passion transmise, je pense aussi. Je savais que je finirais dans un atelier, je savais que je n'irais pas derrière un bureau. C'est en faisant des stages et en étant un peu curieuse de savoir ce qui se faisait que j'ai trouvé ce métier, qui est pas hyper reconnu et pas forcément mis en avant. J'ai aussi une formation de couture floue. À la base, j'ai fait un BTS dans le commerce simplement pour être un peu à l'aise et avoir les notions d'entreprenariat et ensuite, je suis allé donc dans les Vosges, faire mon CAP en rideaux et décors, mon CAP en tapisserie, du coup en siège, et après, le diplôme qui va au-dessus, qui réunit les deux, c'est le BP tapissier décorateur.

Ton métier, Florine, consiste à redonner une seconde vie à des meubles qui étaient peut-être à nos grands-parents.

Oui, c'est ça en fait. C'est tout ce qui concerne en fait le mobilier global. On traite du coup l'habillage des fenêtres, mais il y a aussi tout ce qui touche aux têtes de lit, on va refaire des canapés complets, du mobilier de style. On refait également certaines peintures sur les meubles. C'est un peu de recycler le mobilier ancien qu'on a beaucoup vu et qui est plus forcément au goût du jour, mais qui reste de très bonne qualité.

 Et comment ça se passe, tu arraches en fait toute l'assise ?

Ça dépend de l'état du fauteuil.

Combien de temps, on passe à peu près sur un fauteuil ?

Celui qui est le plus répandu, c'est le type Voltaire et pour un Voltaire, on a trois jours de travail. Tout est fait à la main, on ne se fera pas remplacer par des machines. Donc, on a un savoir-faire qui est précieux et qu'il faut transmettre. Et les belles choses prennent du temps.

Est-ce que c'est un métier qui tend à disparaître ?

J'espère pas ! Nous, on fait notre maximum pour, effectivement, passer un peu le flambeau. Nous, on a quand même bon espoir de se dire qu'on va sensibiliser à l'apprentissage, en fait, à dire que c'est une voie qui est aussi gratifiante que de faire des études supérieures, qu’il y a autant de travail en sortant d'un CAP qu'en sortant d'un master.

Est-ce qu'il y a beaucoup de débouchés si maintenant un jeune veut se lancer là-dedans ?

 Nous avons quasiment, malheureusement, trois mois de délai de réalisation, Florine un petit peu plus même. Donc, oui il y a du débouché.

 Qu'est-ce que vous pourriez conseiller à quelqu'un qui aimerait se lancer ?

Je pense que c'est la passion, parce que l'artisanat de base, c'est un métier passion, faut avoir envie d'aller au travail, de faire quelque chose qui nous plaît, et ensuite, c'est de pas hésiter à se former. Aujourd'hui, on a accès à énormément de contenu sur internet, mais il faut avoir les bases pour faire du bon travail et pour faire honneur aussi par notre mobilier français, notre artisanat et notre savoir-faire. C'est vrai que la qualité du travail est primordiale.

C'est quoi le plus dur dans ton métier ?

Je pense que c'est l'acquisition de la force physique.

Il faut être fort physiquement ?

 On met un peu une étiquette du tapissier-décorateur, c'est un métier d'homme. Moi, féministe, je voulais me révolter contre ça. Mais effectivement, les semaines où je fais des gros salons, je ressens quand même qu'il y a une certaine, une certaine fatigue physique qui est présente. Ouais, on a aussi la finesse et le goût de la femme. Il y a des bons côtés et des mauvais côtés dans tout, mais c'est vrai, je dirai, le désavantage, c'est la manutention, quand on a de gros mobiliers qu'il faut peut-être descendre d'un étage chez un client sans rien abîmer évidemment.

Quelle qualité il faudrait pour exercer votre métier ?

La patience, la minutie, la passion.

Yvette, pareil ?

Pareil. Quand on aime, on fait les choses bien.

On dit toujours que quand on aime, on ne compte pas ses heures. C'est vrai aussi pour ce métier-là ?

Oui, oui, après on ne voit pas les heures passer. Donc, si on dépasse, peu importe.

C'est quoi, les avantages et les inconvénients de votre métier ?

Les avantages, c'est qu’on est très libres, c'est vrai qu'on n'a pas d'horaire. Des avantages, moi, j'en trouve plein. Pour moi, c'est quelque chose plus, je pense, une passion qu'un métier près. Les inconvénients, c'est peut-être les horaires. On doit faire beaucoup d'horaires pour se sortir un salaire. Mais après, voilà des inconvénients, je trouve qu'il n'y en a pas trop.

Florine ?

 Pour les avantages, dirais aussi la liberté de pouvoir organiser son emploi du temps. Pour les inconvénients, j'aurais tendance à dire le stress d'être patron, de se dire, d'avoir toujours une petite angoisse, de dire qu'on aura toujours du travail et ce qu'on se fait suffisamment bien et ce qu'on fait ce qu'il faut. Toutes nos actions ont des conséquences directes sur notre propre activité. Donc ça, c'est quelque chose, que quand on est salarié dont on ne se soucie pas trop. Tout ce qu'on met en œuvre, ça nous profite ou ça ou pas.

Les inconvénients, ils sont très maigres. Il n'y a pas du tout de de routine. En fait, ça n'existe pas. On n’a jamais, je pense, vécu deux fois la même journée. Et c'est ce qui est génial, c'est ce qui donne envie de venir chaque matin. Pour des fois, ça peut être un peu plus surprenant que d'autres, mais on qu'on a des demandes un peu sympas et du coup, ça fait des journées uniques, et c'est pour ça que c'est que c'est intéressant comme métier.

 

Style & création              L'Attelier de Flo

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