Épisode du lundi 23 février 2026 à 09:45
Frauenberg, dans la vallée de la Blies, est notamment connu pour son cimetière juif et son château. Le château du village est cité en 1370. Un document du 02 avril 1592 relate la construction d'une "maison des femmes", donnant vraisemblablement le nom actuel du village (il s’appelait autrefois Lenterdingen). À la fin du XVIIIe siècle, il abrite une faïencerie, mais un rapport de 1794 mentionne qu’il est totalement ruiné. Une légende est attachée au château et au chemin qui, du côté allemand de la Blies, serpente entre Habkirchen et le hameau de Bliesmengen-Bolchen. Ce chemin a mauvaise réputation et nul ne s’y risquerait dans l’obscurité.
L’esprit d’un chevalier maudit
Une légende raconte, qu’à la nuit tombée, un petit gnome bossu saute sur les épaules des imprudents qui suivent ce sentier et ne se laisse pas désarçonner avant d’être monté jusqu’au hameau. Quand enfin ce gnome consent à descendre, en sautant, des épaules de sa victime, il éclate alors d’un rire indescriptible. Il s’agirait de l’esprit du fils du chevalier de Mengen qui, sur ce chemin, y aurait assassiné par jalousie son paisible frère aîné. Après son forfait, le jeune meurtrier retourna auprès de sa bien-aimée au château de Frauenberg. Il trébucha, tomba du haut des murailles et se brisa alors le cou. Son âme ère depuis sous la forme de ce petit gnome bossu entre les ruines du château.
Dès la nuit tombée, il saute sur le dos des voyageurs attardés et se fait transporter jusqu’au hameau de Bliesmengen-Bolchen.
Le Aufhocker
Le personnage principal de la légende de Frauenberg renvoie à une croyance répandue autrefois : celle d’un « esprit » nommé Aufhocker. Dans la légende allemande, l'Aufhocker est décrit comme ayant une forme indéfinissable, car il peut prendre l'apparence d'un lutin, d'une belle femme, d'un homme mort ou de divers animaux.
Cet esprit a pour particularité de se jeter sur le dos des gens traversant un carrefour, passant près d’un cimetière ou d’une chapelle abandonnée. Il abandonne sa victime une fois qu’elle est arrivée chez elle, morte de fatigue. Dans certaines histoires, les Aufhocker sont considérés comme la cause de cauchemars ou de paralysies du sommeil, où les gens ont le sentiment d'être écrasés ou retenus par un fardeau invisible.
La légende de l'Aufhocker est parfois interprétée comme une métaphore des fardeaux émotionnels qui pèsent sur les épaules d'une personne, peu importe à quel point elle essaie de se débarrasser de ses souvenirs. D'autres affirment que la légende de l'Aufhocker est plutôt une matérialisation des terreurs nocturnes.
Dans tous les cas, une rencontre à éviter.

