Épisode du jeudi 19 février 2026 à 11:10
À Philippsbourg, Manuel Petrazoller nous ouvre les portes de son atelier et partage sa passion pour un métier ancestral qu’il exerce depuis 30 ans.
Est-ce que vous pouvez nous dire en quoi consiste, en 2026, le métier de sabotier ?
Ça reste toujours le même métier qu’il y a des centaines d’années : je fabrique des sabots. En revanche, on s’est diversifiés. Cette année, on fête les 30 ans de la création de l’entreprise. On a toujours proposé d’autres produits parce que les gens ne recherchent pas uniquement du sabot traditionnel.

Ça fait combien de temps que vous exercez ce métier ?
30 ans. J’ai commencé en 1996. Nous sommes en 2026, cela fait donc exactement 30 ans. Le temps passe vite quand on est passionné.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier, qui reste assez atypique ?
J’ai toujours adoré le bois. Dans ma jeunesse, je me suis orienté vers le travail du fer, mais ça ne me passionnait pas vraiment. Quand j’ai rencontré mon épouse, son père était sabotier. J’ai alors repris le métier de mon beau-père.
Avez-vous suivi une formation spécifique ?
La meilleure formation, c’est la transmission d’artisan à artisan. Il existe des études, bien sûr, mais dans les métiers manuels, apprendre directement auprès d’un professionnel reste l’idéal.
Quel matériel utilisez-vous aujourd’hui ?
Les machines n’ont jamais changé. Elles datent des années 1920, 1930 ou 1940. Elles sont toujours en service parce que la fabrication du sabot n’a pas évolué fondamentalement. On est mécanisés depuis 1915. Le sabot entièrement fait à la main n’existe plus dans un cadre commercial : c’est possible pour des démonstrations, mais pas pour assurer un rendement suffisant.

Quel bois utilisez-vous pour fabriquer les sabots ?
Je travaille uniquement du bois local : hêtre, aulne, peuplier… essentiellement des essences de la région. Certains clients préfèrent des bois plus solides comme le frêne ou l’érable. Mais la plupart recherchent des sabots légers, en peuplier ou en saule.

Le choix du bois change-t-il beaucoup de choses ?
Oui, notamment en termes de solidité et de légèreté. Il faut aussi tenir compte du fait que certains bois rétrécissent plus que d’autres. C’est un élément très important dans la fabrication.
Historiquement, à quoi servaient les sabots ?
C’était tout simplement la première chaussure. Les gens n’avaient rien d’autre. Aujourd’hui encore, certaines personnes les utilisent pour le jardin ou pour le confort. Le sabot est léger, il ne fait pas transpirer et il isole du sol. Ce n’est pas fait pour courir, mais c’est très pratique.
Comment fabrique-t-on différentes tailles, un pied gauche et un pied droit ?
Comme pour les chaussures classiques, il y a des règles et des mesures précises à respecter. On adapte aussi en fonction du bois utilisé.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Le bois, toujours le bois. Son odeur, son atmosphère. On part d’un produit brut, d’un arbre, et on le transforme en sabot, parfois même en petit porte-clés. C’est un support magnifique.
Comment voyez-vous l’avenir du métier de sabotier ?
Personnellement, je pense que le métier pourrait disparaître dans 5 à 10 ans. Certains reprennent des ateliers, mais sans toujours reprendre le savoir-faire. L’aspect financier ne suffit pas pour faire vivre ce métier : il faut la passion et la transmission.
Peut-on venir visiter la saboterie ?
Bien sûr. Les visites se font sur réservation, par téléphone ou via Internet, et elles sont gratuites. Nous montrons la fabrication et nous faisons même participer les jeunes, notamment pendant les vacances scolaires. L’échange avec le public est quotidien, et les enfants sont toujours émerveillés par le travail du bois.
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