Stéphane, maréchal-ferrant : entre savoir-faire et passion

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Stéphane, maréchal-ferrant : entre savoir-faire et passion

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Épisode du jeudi 28 mai 2026 à 11:00

Nous partons à la découverte du métier de maréchal-ferrant aux côtés de Stéphane Holtzer, entre savoir-faire artisanal, passion des chevaux et travail de précision. Ce professionnel veille chaque jour à la santé et au confort des sabots des chevaux.

 

Pourquoi as-tu choisi de faire le métier de maréchal-ferrant ?

C’est une passion. Quand j’étais enfant, je montais un peu à cheval. À force de voir les maréchaux-ferrants intervenir dans les écuries, j’ai observé leur métier et l’idée m’est venue de faire la même chose.

 

Depuis combien de temps exerces-tu ce métier ?

Cela fait environ 40 ans.

 

Quelle formation as-tu suivie ?

J’ai passé un CAP en apprentissage chez un maître d’apprentissage à Chantilly, Monsieur Pasquet. J’ai fait trois ans chez lui, puis j’ai travaillé chez différents maréchaux-ferrants, en France et en Allemagne, jusqu’au moment où je me suis senti prêt à m’installer à mon compte.

 

As-tu une journée type ou travailles-tu souvent dans l’urgence ?

Non, ce n’est pas dans l’urgence. C’est un roulement : je vois les chevaux en principe toutes les 7 à 8 semaines. J’ai des jours fixes dans certaines écuries. Tout est donc planifié, sauf quelques cas particuliers où je dois intervenir plus rapidement.

 

Peux-tu rappeler en quoi consiste le ferrage et à quoi il sert ?

Le sabot du cheval est comme un ongle : il pousse d’environ un centimètre par mois. Il faut donc le tailler, le réparer et le limer pour lui donner une bonne forme et un bon aplomb. Ensuite, selon l’activité du cheval, on pose un fer pour protéger le sabot, notamment s’il travaille sur des terrains abrasifs ou sur la route. Les chevaux qui travaillent en carrière ou vivent au pré peuvent parfois rester sans fers.

 

Quelles sont les contraintes du métier, notamment physiques ?

Comme dans beaucoup de métiers manuels, il y a des troubles musculo-squelettiques. La forge, avec le marteau utilisé toute la journée, peut provoquer des tendinites. Les postures jouent aussi. Mais travailler avec des chevaux calmes facilite beaucoup les choses.

 

Quels sont les avantages de ce métier ?

C’est une certaine liberté. On travaille dehors, on rencontre différentes personnes chaque jour, et le contact avec les chevaux est très enrichissant.

 

Une intervention ou un cheval t’a-t-il particulièrement marqué ?

Oui, quand je travaillais avec des chevaux de course, c’était une fierté de voir un cheval que j’avais ferré gagner une course. Aujourd’hui encore, voir un cheval s’améliorer grâce à mon travail, notamment ceux ayant des problèmes, est très satisfaisant.

 

Le métier a-t-il évolué ces dernières années ?

Oui, énormément. On comprend mieux les chevaux et on communique davantage avec les vétérinaires et les ostéopathes. Les nouvelles imageries médicales nous aident à travailler plus précisément. Il y a aussi les matériaux modernes, comme les colles et les résines, qui améliorent notre efficacité.

 

Faut-il avoir un lien particulier avec les chevaux ?

Oui, c’est indispensable. Sans passion pour le cheval, il vaut mieux faire un autre métier.

 

Tu es gérant de la forge Holtzer à Mouterhouse : dans quelle zone interviens-tu ?

Comme nous sommes proches de la frontière, j’ai des clients en Allemagne, du côté de Strasbourg, ainsi que dans le secteur de Bitche.

 

Pour finir, le fer à cheval porte-t-il vraiment bonheur ?

J’en suis la preuve vivante : il me porte bonheur tous les jours !

 


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