L’herbe d’égarement

Contes et légendes de notre région

L’herbe d’égarement

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Épisode du lundi 29 juin 2026 à 09:48

L’herbe de l’oubli ou de la déroute faisait peur à nos ancêtres

 

Une légende classique du folklore

 

Dans les bois du pays de Bitche pousse l'herbe d'égarement. Si une graine reste accrochée ou tombe dans les souliers, on perd immédiatement, même en plein jour, le chemin. Une brave paysanne avait pour habitude de ramasser du bois mort en forêt. Sa provision faite, elle retourne à la maison. Quand elle pensa être arrivée au bout du bois, elle leva les yeux, les arbres s'éclaircissaient. Elle était bien à la lisière du bois. Mais, au lieu d'apercevoir les maisons de son village, elle se retrouvait dans un lieu inconnu. Ai-je donc marché sur l'herbe d'égarement, pensa-t-elle. Elle eut beau parcourir la forêt en tous sens pour retrouver le sentier, elle n'y parvint pas. C'est là qu'elle se souvient des recommandations de sa mère : « si tu as marché sur cette herbe maléfique, dénoue ton tablier et met le à l'envers ». C'est ce qu’elle fit et aussitôt, elle retrouve le bon chemin.

Et si c’est un homme qui n'a pas de tablier ? La solution est simple, il devait mettre la chaussure de son pied droit au pied gauche et la chaussure du pied gauche au pied droit.

 

Une plante aux pouvoirs mystérieux

 

L'herbe d'égarement ressemble à s'y méprendre à n'importe quelle autre herbe, ce qui la rend impossible à repérer à l'œil nu. Les conséquences sont immédiates dès que l'on marche dessus : le voyageur perd tout sens de l'orientation, même en plein jour. Le paysage se transforme. Les chemins semblent bouger et ramènent toujours au même endroit. Parfois, la légende raconte que l'herbe est enchantée par les fées ou les lutins pour punir les curieux ou protéger un trésor.

Les remèdes traditionnels

 

Heureusement, nos ancêtres savaient briser le sortilège. La tradition recommande de mettre un vêtement à l'envers, inverser ses chaussures, avoir un morceau de pain bénit dans sa poche. Le charme se dissipe généralement dès que retentit le son des cloches de l'église ou le premier chant du coq

En conclusion

Au-delà de la magie, cette légende servait d'avertissement poétique. Elle expliquait de manière surnaturelle les cas de désorientation bien réels causés par la brume soudaine, la fatigue de la nuit, ou la consommation d'herbes hallucinogènes (comme l'ergot de seigle ou la datura) poussant au bord des chemins.

 

 

 

 

 

 


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