2000 tonnes d’asperges d’Alsace sont attendues pour la saison 2026
Elle est de retour avec le printemps ! La saison 2026 de l'asperge d'Alsace a été lancée il y a quelques jours. On en parlait avec notre invité ce matin dans le Grand Réveil.
Son N°1 - 2000 tonnes d’asperges d’Alsace sont attendues pour la saison 2026
Geoffrey Andna - président de l'association pour la promotion de l'asperge d'Alsace
La saison des asperges est courte mais intense en Alsace. La campagne a été lancée le 8 avril. Est-ce que c'est une date habituelle ? Combien de temps ça va durer ?
Il est vrai que c'est notre grand lancement officiel mais certains producteurs ont quand même des asperges un peu plus tôt en saison. C'est la date que l'on connaît où l'ensemble des producteurs alsaciens sont présents sur le marché. Et donc c'est pour ça qu'on lance aussi cette saison avec tout ce qui s'accompagne, notamment tous les visuels que vous allez retrouver dans l'environnement, dans vos quartiers, dans vos villages, sur les bus et dans les médias. Il y en a au moins pour 8 semaines. Traditionnellement, les asperges pointent le bout de leur nez fin mars, début avril. Les dernières sont disponibles sur les étals jusqu'à la mi-juin.
L'Alsace est une terre d'asperges. Quelle quantité sont attendues cette année ? Est-ce que les voyants sont au vert pour une belle saison 2026 ?
On attend pratiquement 2000 tonnes, ce qui peut paraître colossal, mais c'est réparti sur 46 producteurs dans l'association. On cultive 350 hectares à peu près. Il faut savoir que l'asperge est une plante pérenne, donc il y a du renouvellement. Donc ces surfaces peuvent légèrement osciller d'une année à l'autre. On est sur une production qui est très stable, qui correspond à la consommation qui est faite sur notre bassin par les Alsaciens. Alsaciens qui, j'aime à rappeler, sont quand même les champions de France de la consommation d'asperges, parce qu'ils en consomment deux fois plus que la moyenne nationale, et on les en remercie, et c'est pour ça aussi qu'on a cette dynamique en Alsace, qui est liée notamment à la tradition culinaire bien ancrée dans notre région.
46 producteurs sont labellisés et produisent donc les asperges d'Alsace. À quoi est-ce qu'on les reconnaît ? Est-ce qu'il y a un cahier des charges précis pour être "asperge d'Alsace" ?
Oui, tout à fait. C'est un cahier des charges privé, contrôlé, certifié. Il y a notamment des critères de présentation sur la longueur de l'asperge, sur sa forme, sur sa couleur. On a l'habitude de manger en Alsace de l'asperge blanche. Bien qu'on puisse retrouver aussi quelques asperges à tête violette, qui est liée notamment aux techniques de production, parce que certains producteurs travaillent aussi avec des films antibuées qui sont transparents, donc qui obligent par contre des récoltes quotidiennes. Mais ce n'est utilisé pratiquement que sur quelques semaines pour démarrer les récoltes, et après on est classiquement sur notre asperge blanche, qui est produite sous les paillages blancs et noirs, avec parfois des mini tunnels, qui permettent notamment de conserver la chaleur et de décréter aussi les pics et les baisses de production. Donc on a tous des techniques bien particulières pour arriver à proposer de l'asperge sur toute la période. Et je peux même ajouter qu'on a une tendance qu'on va plus découvrir vers le milieu et la deuxième partie de saison, qui sont les asperges de couleur aussi qui viennent garnir les étals, avec des asperges vertes, des asperges pourpres, qui vont se mélanger avec nos asperges blanches et offrir un panache de couleurs vraiment sympa sur les assiettes.
Economiquement, l'asperge d'Alsace produit de la richesse. Est-ce que ça fait travailler beaucoup de monde en ce moment ? Est-ce que ça se quantifie en termes de chiffre d'affaires ?
On estime que la filière produit pas moins de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, ce qui est quand même déjà un pan économique important. Ça fait travailler 1000 personnes en saison et ça fait vivre donc ces 46 fermes qui composent l'association, qui sont bien souvent composées de plusieurs membres qui s'affairent toute l'année pour produire de l'asperge, parce qu'il ne faut pas oublier non plus que la saison de récolte effectivement est très gourmande en main d'œuvre, mais que tout le reste de l'année il y a des opérations à faire dans les champs. Ça commence très tôt à la sortie de l'hiver pour les butages, la préparation de la saison, puis après vient le débâchage, l'entretien des cultures, il y a beaucoup de binage, il y a de l'irrigation à faire, il y a du soin aux cultures, et à l'automne tout le travail de prébutage avec des labours d'hiver qui sont faits pour ramener de la terre sur les buts en vue de leur préparation pour l'hiver, ainsi que tout l'entretien du matériel, parce qu'il ne faut pas oublier non plus que c'est une culture technique qui fait appel à différentes ressources, comme des calibreuses, des laveuses, des éplucheuses, et tout ce matériel, il faut l'entretenir aussi.
Vous l'avez dit, les Alsaciens consomment énormément d'asperges, est-ce que c'est un légume qui s'exporte ?
Elle se fait hors d'Alsace, mais essentiellement sur le quart nord-est, parce qu'on a plusieurs bassins de production en France et l'asperge d'Alsace est vraiment cantonnée majoritairement sur le Grand Est, et éventuellement un peu sur Paris.


