Oermingen : 80 ans d’efforts pour la réinsertion des détenus au centre de détention
Le centre de détention d’Oermingen a fêté ses 80 ans. Pour l’occasion, une cérémonie était organisée ce mardi 13 octobre en face des grillages de la prison d’Alsace Bossue. L’occasion de revenir sur l’histoire du lieu et de remercier les personnes qui y travaillent au quotidien.
Son N°1 - 80 ans d’efforts pour la réinsertion des détenus au centre de détention
Mesdames et messieurs, le centre de détention d’Oermingen n’est pas seulement un lieu de privation de liberté, c’est avant tout un lieu de transformation, un sas vers une nouvelle vie. Notre tâche est claire, préparer la sortie des personnes détenues, leur offrir une chance de se reconstruire et ainsi prévenir la récidive.
80 ans après sa création, le centre de détention d’Oermingen a toujours comme priorité la réinsertion des détenus. Karine Perrin est à la tête de la prison.
On mise toujours sur les formations professionnelles en lien avec la Région Grand Est – financeur en partie. Donc aujourd’hui on a une formation « ouvriers du paysage », une formation qualifiante. Les examens sont en cours à l’heure actuelle. On a une formation soudure, qualifiante et qui permet, dans un laps de temps assez court pour les détenus qui sont en fin de peine, de retrouver une activité à l’extérieur. C’est des secteurs porteurs. Et on vient de redémarrer cette année un CAP boulangerie.
Le pain ici est fait pour les détenus, mais aussi celui servi à la maison d’arrêt de Sarreguemines. Un travail salué par Renaud Seveyras – directeur interrégional des services pénitentiaires du Grand Est.
A Oermingen centre de détention, comme dans nos autres centres de détention, je veux citer celui de Toul en Meurthe-et-Moselle, ce sont les établissements en France qui ont les taux les plus élevés de personnes détenues salariées. On est à plus de 50% de travailleurs. Ils ont également les taux parmi les plus élevés en termes de formations qualifiantes, de formations professionnelles.


La cérémonie de ce matin met en avant le centre mais aussi les agents qui y travaillent. L’important c’est…
De les mettre en valeur, de leur exprimer notre reconnaissance, ma reconnaissance en tout cas, pour leur investissement au quotidien.
140 personnels font tourner la prison, dont certains depuis plusieurs années. Il y a peu de jeunes recrues.
Moi je suis arrivé ici en avril 2007 donc ça fait 19 ans.
Jean-Michel, qui vit à Bitche, a vu la situation évoluer.
C’est un métier passionnant, difficile à la fois où on compte beaucoup sur les collègues pour le faire. On est un peu en manque de budget, on est un peu en manque de personnel mais malgré tout on s’adapte, on domine la situation et on fait quand même notre métier du mieux qu’on peut.
La cheffe du centre de détention affirme qu'avec 140 personnels, il y a quelques vacances de postes. Côté détenus, le CD d’Oermingen affiche presque complet avec 263 hommes majeurs accueillis aujourd’hui. Les centres de détention, contrairement aux maisons d’arrêt, ont la chance d’échapper à la surpopulation.
Pour entretenir cette vieille prison de 80 ans, un plan pluriannuel prévoit plusieurs travaux : rénovation du chauffage et du dispositif de lutte contre les incendies. Une nouvelle porte d’entrée est en conception.
Un peu d’histoire
Après la Première Guerre mondiale, dans les années 30, un important camp militaire a été construit à Oermingen dans le cadre de la ligne Maginot. Après avoir revêtu des croix gammées sous l’occupation, les anciens bâtiments militaires sont mis à disposition de l’administration pénitentiaire dès 1945. L’établissement pénitentiaire ouvre en 1946 dans un contexte particulier. La France sort de la guerre profondément bouleversée et doit reconstruire ses institutions mais aussi repenser son système judiciaire et pénitentiaire. Finalement, Oermingen prend une forme originale et devient en 1947 une prison-école pour jeunes détenus (la première de France). Une prison sans barreau avec comme mission première la réinsertion sociale qui durera pendant 30 ans.

En 1986, Oermingen devient un centre de détention régional fermé avec une double enceinte et 3 miradors. En 80 ans, la prison a connu 19 chefs d'établissement.


