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Aurélie Muller : ''On s'entraîne un peu à l'aveugle''

Aurélie Muller : ''On s'entraîne un peu à l'aveugle''

La triple championne du monde au 10 kilomètres (eau libre) en 2015 et 2017, est partagée entre la joie d'avoir repris les entraînements et l'incertitude marquée par la crise sanitaire. Elle revient avec nous sur sa reprise et les prochaines échéances à venir. Interview. 

Avant de parler de la rentrée , revenons un peu en arrière. Vous avez repris l'entraînement à Nice en mai dernier. Comment s'est passé ce retour à l'eau ?

Juste une sensation de plaisir. On a repris le 20 mai si je me souviens bien. Cela faisait presque deux mois et demi que l’on n'avait pas touché l’eau. Nous vraiment, la natation c’est vraiment un sport de sensations donc, on avait beaucoup perdu, presque tout perdu. Une sensation de plaisir, de se remettre à l’eau, de se replonger dans son élément, de retrouver les collègues. Et se dire que l’on a passé un moment difficile et que l'on espère voir la vie quotidienne reprendre normalement.

Justement, d'un point de vue physique, est ce que les exercices réalisés pendant le confinement ont permis de reprendre facilement le travail dans l'eau par la suite ?

Non ça n'a pas aidé. Cela nous a juste permis de passer le temps et d’avoir une petite activité physique. Nous on a tout perdu en deux mois. En étant athlète de haut niveau, on coupe au maximum trois semaines, un mois lors d’une saison normale au mois d’août. Là on a quand même coupé deux mois et demi. Donc le corps n’était pas habitué, mentalement on n’était pas habitués. C’était une grosse coupure qui a fait que l’on a perdu tout ce qu’on a fait auparavant.

"Inhabituel de demander au corps de s'arrêter d'un coup"

Le confinement a t-il demandé un nouveau rythme de travail à la reprise ?

Évidemment, avec Fabrice Pellerin (son entraîneur à Nice), on a adapté. Quand le confinement a été décrété, on était en pleine prépa, on était à trois semaines des championnats de France qui permettaient de se qualifier aux Jeux.

Les corps étaient prêts, mentalement on l'était aussi. C’était inhabituel de demander au corps de s’arrêter d’un seul coup surtout à ce moment-là. Donc après le confinement on a repris très progressivement.

On a axé beaucoup sur la préparation physique pour éviter les blessures, pour se préparer au mieux, réattaquer là le 1er septembre à fond et avoir un gros cycle de travail jusque décembre aux championnats de France.

 

Il y a eu des réactions très différentes selon les sportifs concernant le report des Jeux Olympiques en 2021. Vous aviez plutôt bien vécu cette décision...

Au départ, au vu de la situation, moi j’étais plutôt inquiète pour la santé de mes proches. J’avais une maman qui travaille dans l’alimentation donc elle travaillait le double, j’ai un papa diabétique. J’avais une grand-mère dans un EHPAD. J’étais plus inquiète sur ce plan-là que sur le plan sportif.

Je crois que c’était la meilleure décision à prendre que de reporter ces Jeux. C’est vrai que je n’étais pas dans ma discipline de prédilection et ce n’est pas la fin de ma carrière donc forcément je l'ai plutôt bien pris. Ça me permettait d’avoir une année en plus pour travailler le 1500, une année en plus avec Fabrice. Du coup je l’ai pris comme une opportunité.

"Le principal objectif reste la qualification au 1500 mètres nage libre aux Jeux"

Pour autant avec la crise sanitaire, le calendrier demeure flou...

On est toujours dans l’attente de compétition. Moi en natation il y a des compétitions qui sont programmées mais jusqu'au dernier moment aujourd'hui on ne sait pas si elles vont être programmées ou pas. On n'a pas de certitude. Là on s’entraîne un peu à l’aveugle, on ne sait pas trop où on va. Mais on ne peut pas ne pas s’entraîner parce que sinon ça sert à rien.

Il faut essayer de prendre les choses comme elles viennent, de lâcher prise. De se dire "Je me fais plaisir dans mon sport, j'attends la prochaine compétition et on verra bien".

Alors justement, quelles vont être les prochaines échéances pour vous ?

Comme tout a été reculé d’un an, c’est vrai que pendant une année je n’avais pas fait d’eau libre. Les objectifs ont un peu changé même si le principal évidemment est de se qualifier au 1500 (mètres nage libre) aux Jeux Olympiques. Mais je ne pouvais pas passer deux ans sans pratiquer d’eau libre donc j’en ai réintégré un peu cette année avec deux compétitions qui, je l’espère, auront lieu en septembre. Il y a l’Aqua Challenge en septembre à Paris. Ce sera ma première compétition d’eau libre. Ce sera plutôt une compétition pour le grand public, pour que les gens découvrent la discipline. Ensuite, l’Aqua Challenge, mais cette fois-ci à Nice. Puis les championnats de France d'eau libre ont été décalés. Ils devaient avoir lieu en mai et auront lieu en septembre.  Je ne sais pas trop encore sur quelle course je m’alignerai, mais j’y serai. Et après, on a un championnat de France programmé pour décembre avec pour gros objectif d'essayer de faire quelque chose de bien au niveau du temps sur le 1500.

On rappelle que vous vous entraînez à Nice. Pour autant, vous avez relayé un appel aux dons en mai pour aider le Centre Nautique de Sarreguemines. On sent qu'il existe toujours une attache particulière à ce club.

Oui c’est mon club de toujours. Je reste accrochée à mes racines. Pour moi c'est important, ça fait partie de mon histoire. Ils me connaissent, ils ont vécu les joies, les tristesses. Ça fait partie de moi. J’essaie toujours de garder un lien même si aujourd'hui je m'entraîne en dehors du territoire. 

Le palmarès d'Aurélie Muller : 

- Championne du monde au 10km (eau libre) : 2015, 2017

- Championne du monde en relais : 2017

- Championne d'Europe 10 km : 2016

Laurie

| jeudi 27 août 2020 à 05:00 - Mise à jour à 10:21

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