Épisode du mercredi 8 mars 2023 à 12:20
Quand il pleut, ne dit-on pas familièrement que ça va faire pousser les plantes ? C’est sur l’eau et son usage par les plantes dont va traiter la chronique aujourd’hui.
De l’eau pour se nourrir
Les plantes à fleurs qu’on connaît familièrement absorbent l’eau dans le sol par leur racine. Ce n’est pas le cas de toutes les plantes. Les mousses par exemple, qui n’ont pas de racines, absorbent l’eau sur toute leur surface.
Voilà notre eau absorbée par la plante. Mais il faut maintenant la distribuer dans toute la plante. Pour ça, la plante dispose d’un ensemble de tuyauterie qu’on appelle en terme savant le xylème. Là-dedans circule l’eau, mais aussi les minéraux qu’a absorbé l’eau par ses racines. L’eau permet déjà à ces minéraux de circuler facilement dans ces tuyaux. L’eau est en fait ici le caddie de la plante pour transporter ses courses.
On sait que la plante fabrique sa nourriture grâce à la lumière du soleil. L’eau est un constituant essentiel de cette réaction chimique complexe. Pour schématiser, l’eau est décomposée pour fabriquer du sucre, grâce à la lumière et au dioxyde de carbone. (rappelons que cette réaction rejette dans l’atmosphère de l’oxygène, celui que nous respirons) Cette nourriture, il faut aussi la distribuer dans toute la plante. C’est là qu’intervient une autre tuyauterie qu’on appelle le phloème.
De l’eau pour se rafraîchir
Les plantes utilisent beaucoup d’eau, des litres, voire des centaines de litres par jour comme chez les arbres. Un chiffre étonnant, 98 % de cette eau n’est pas utilisée pour fabriquer de la nourriture. Un autre constat intriguant, comment cette eau arrive à monter des dizaines de mètres le long des troncs d’arbres, sans aucune pompe (comme chez les animaux, le cœur qui fonctionne comme une pompe). Ces deux singularités sont en fait liées comme nous allons le voir.
Ces 98 % d’eau en fait s’évapore au niveau des feuilles pour refroidir la plante. C’est trivialement son système pour « suer » et ainsi évacuer la chaleur. Ainsi, la quasi-totalité de l’eau ne fait que traverser le végétal pour retourner dans l’atmosphère et former des nuages. Et elles ne font pas que se rafraîchir, mais elles nous rafraîchissent aussi comme on peut le constater dans certaines villes où elles réduisent les îlots de chaleur urbain. Un climatiseur naturel, comme du linge qui sèche, un vaporisateur. Ainsi, l’eau est littéralement aspirée vers le haut comme lorsqu’on aspire un liquide avec une paille. C’est ce mécanisme qui permet à l’eau de monter et ainsi de se répartir dans toute la plante. Donc pas besoin de pompe comme les animaux.
En conclusion
Ainsi, la plante utilise une part très minime de l’eau qu’elle reçoit pour grandir. De sa vie jusqu’après sa mort, elle est une part considérable dans le cycle de l’eau. Alliée contre la sécheresse, les inondations, nous permettant aussi de respirer, elles ont beaucoup à nous apprendre.
Chronique réalisée par Gilles, ethnobotanique et mycologue.

