Punaises, décès, Diogène : coulisses d'un métier choc

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Punaises, décès, Diogène : coulisses d'un métier choc

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Épisode du jeudi 2 avril 2026 à 11:05

Je me présente,Jonathan, je suis fondateur de la société DNS et puis NEXT, Nettoyage Extrême, donc je suis désinsectiseur. Et sur NEXT, il s'agirait de nettoyage, donc vide maison, nettoyage, on va traiter également tout ce qui est suicide et nettoyage de scènes de crime.

Comment ça se fait que les deux entités soient mêlées ?

On s'est lancé dans la désinsectisation et on s'est rendu compte, au fur et à mesure des désinsectisations, qu'il fallait au préalable faire du nettoyage. Malheureusement, les clients ne trouvaient personne, donc c'est à ce moment-là qu'on s'est décidé d'ouvrir une structure de nettoyage.

Et pour la partie nuisibles, quels sont les nuisibles que vous rencontrez ?

Cela va dépendre déjà des différentes périodes de l'année, car chaque période, en fait, a plus ou moins ses insectes ou ses nuisibles. En été, ça va être tout ce qui est guêpes, frelons, frelons asiatiques. En période hivernale, on va être plus sur des blattes, cafards et puis des différents rongeurs qu'on peut trouver.

Vous travaillez plus chez les particuliers, chez les professionnels ?

On a tout type de clients, donc ça passe du bailleur social aux particuliers, également des sociétés.

C'est pas un métier classique, comment est-ce que votre entourage a réagi ?

Le métier n'est pas très classique, mais il y a un besoin qui est réel. Il faut avoir le sens du service, il faut être à l'écoute des gens.On est face, des fois, à des gens qui sont dans le besoin, qui ont de réels problèmes, des fois, même de santé. On est là pour réparer des accidents de la vie et on essaie d'avoir un suivi derrière. Quand je parle d'accident de la vie, ça va être tout ce qui est syndrome de Noé, syndrome de Diogène, Syligomanie, ça va être des syndromes d'accumulation de déchets qui peuvent être propres ou sales.

En général, sur le Diogène, on sait que ça va être une accumulation souvent de déchets sales. Syligomanie, donc là, on est plus sur de la collection d'objets et c'est plus de l'encombrement à outrance. Le problème est qu'on n'a plus d'accès aux différentes pièces, plus d'accès au logement et, généralement, les personnes s'isolent.

Le syndrome de Noé, il peut être complémentaire ou il peut être additionné au syndrome de Diogène. C'est une accumulation d'animaux également à outrance. On intervient régulièrement chez des personnes qui disposent de 20, 30, 50, 100 chats. Donc, ça veut dire qu'il y a des excréments de l'urine à l'intérieur du domicile et, là, on finit sur des problèmes de santé, voire de voisinage.

Vous en voyez beaucoup, vous, dans votre métier ?

On en voie régulièrement, donc avec des cas plus ou moins graves et je pense que dans chaque commune, vous avez un voisin qui est malheureusement dans ce cas. On peut donner un ordre d'idée, à peu près deux à trois interventions par mois.

La première intervention, vous vous en souvenez ?

La première intervention, on s'en souvient avec mon associé, qu'on a eu toutes les choses réunies sur le même chantier, à savoir punaise de lit, puces, rongeurs, l'accumulation d'urines et d'excréments en sceaux et le décès de la personne au domicile.

Comment on réagit à ce moment-là ? Je veux dire, là, il y a tout qui vous tombe dessus.

 Tout nous tombe dessus, mais on réagit professionnellement. On a toujours en tête l'idée de réparer ce qui est cassé chez le client.

Comment ça se passe, en fait, d'éliminer ces nuisibles ?

Selon le type de nuisibles, on va adopter des méthodes différentes, qui peuvent être chimiques ou naturelles.

Et selon toi, c'est lequel le pire des nuisibles ?

Pour moi, ça va être la punaise de lit. Là, c'est très compliqué pour s'en débarrasser.

Le problème de la punaise de lit, c'est qu'elle va aller se loger dans des endroits très difficiles d'accès. Il y a plusieurs méthodes pour s'en débarrasser, dont des équipes Sino, donc des personnes spécialisées qui viennent avec des chiens pour les sentir et puis les débusquer dans les endroits les plus profonds.

Tu as peut-être un conseil ?

C'est déjà attention à tout ce qui est récupération de meubles qui peuvent être jetés dans la rue.

Grande méfiance lorsqu'on récupère ou qu'on achète des meubles dans les différentes brocantes ou vides maisons.

Pour les scènes de crime, est-ce que vous travaillez en collaboration avec les services de police ou c'est vraiment les particuliers qui font appel à vous ?

On a de tout. Ça peut être les autorités judiciaires qui font appel au service.

Il y a également du particulier via des notaires sur des successions. On a des services comme l'UDAF, mais également récemment les polices belges ainsi que la police luxembourgeoise.

Et là, comment on vient en fait sur ce lieu ? On vient équipé ? On a une combinaison ? Comment que ça se passe ?

Donc systématiquement, il y a une reconnaissance qui est faite sur les lieux d'intervention afin de définir les différentes tenues que les ouvriers devront avoir.

Également, une estimation du mètre cube et des volumes à évacuer.

Par où on commence quand il y en a partout ?

On travaille méthodiquement. On a une méthode de travail qui nous est propre et qui nous permet d'avancer.

C'est la méthode verticale ? On jette ?

Alors, en général, il faut procéder déjà à un gros désencombrement. Et malheureusement, c'est là où on commence à avoir les premières surprises. Il faut savoir qu'il y a des choses, au moment de la reconnaissance, que vous ne pouvez pas voir sur le chantier, car celui-ci est beaucoup trop encombré. Et donc, au fur et à mesure, vous allez découvrir des surprises parfois bonnes et parfois moins bonnes.

Ça vous prend combien de temps sur un syndrome de diogène ou autre chose comme ça ? De nettoyer une maison ?

Sur un syndrome de diogène, on va partir sur une heure jusqu'à trois mois.

Donc, l'année dernière, on a fait un chantier où on est resté trois mois avec à peu près 400 mètres cubes d'évacuation de déchets. Ça représente quasiment 15 bennes de 30 mètres cubes de différents déchets, excréments, bois.

Il y a de tout, quoi ? Il y a de tout.

Donc, je vous dis, c'est vraiment la surprise à chaque fois. Il faut quand même avoir un sacré mental, non, pour faire ce métier-là. Je pense qu'il faut se blinder mentalement avant d'aller sur le chantier.

On essaie d'avoir une cohésion systématique sur chantier en passant par le rire. On essaie de décompresser un maximum pendant les pauses, faire régulièrement des pauses.

Comment que ça se passe niveau odeur ? Est-ce qu'on s'habitue, on ne s'habitue pas ? Parce que tu me parlais de chats dans des appartements, d'excréments au sol. Est-ce qu'on s'habitue à ces odeurs ?

Je pense qu'au fur et à mesure, on a on a l'habitude, mais on ne s'habitue pas. Donc, on a des odeurs qui sont familières, je parle de par le chantier. Mais moi, personnellement, je sais qu'il m'arrive de ne plus manger certains aliments suite à des chantiers.

Donc, ça m'est arrivé déjà deux ou trois fois de ne plus pouvoir manger certains aliments que j'aimais auparavant. Mais bon, vous êtes équipé, vous avez des masques, avec des filtres, des choses comme ça. On est même très bien équipé.

Est-ce que tout se nettoie ? Je veux dire, t'arrives à récupérer tout ?

Tout se nettoie. Tout dépend toujours du support. Après, on a nos petites mixtures qu'on ne dévoilera pas à l'antenne.

C'est quoi le pire que tu aies vu dans ce métier-là ?

Malheureusement, les scènes ne sont pas toujours visuelles. Il nous arrive d'arriver sur des chantiers où on connaît les histoires, des histoires tristes, voilà, les accidents de vie sur certains meurtres. Et le fait de connaître l'histoire peut rendre le chantier extrêmement difficile. Sur certains chantiers, on a l'impression d'avoir un ou deux sacs de ciment sur le dos, tellement l'ambiance est pesante.

Ça ne doit pas être évident tous les jours non plus ?

Non.

T'en as déjà fait beaucoup, des scènes de crime ?

Une toutes les deux mois.

Ah, quand même ! Il y a des chantiers que tu vas refaire parce que les gens n'ont pas réussi à se soigner ?

Alors, on a des clients très réguliers, notamment un en meurtre des Moselles, pour lequel nous y sommes déjà allés six fois. Donc, il faut savoir qu'il y a environ 40% de récidives en France sur les appartements liés au syndrome de diogène.

Est-ce qu'on peut dire que, pour faire ce métier-là, il faut un grand cœur ?

Il faut avoir un grand cœur dans le métier-là.

Je vais vous en donner un exemple. Donc, on a mis en place, avec un bailleur social de Moselle, on a mis en place une convention visant à reloger des femmes battues en moins de 24 heures. Ça permet, en fait, à ces femmes de réintégrer un logement à l'abri en sécurité.

 

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Sociétés basées à Cocheren et Seingbouse.

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