Politique

Elections législatives : les enjeux autour du scrutin


par Arthur Hoeltzel
vendredi 10 juin 2022 à 16:00

Après une discrète campagne, le premier tour des élections législatives a lieu ce dimanche. Si le scrutin ne passionne pas les foules, il reste une étape cruciale pour les partis politiques afin de mesurer leur capacité à mener ou contrer des réformes.

Après l'élection présidentielle, le scrutin des législatives est attendu par les partis pour connaître leurs possibilités d'influencer la vie politique. L'Assemblée Nationale est avec le Sénat le lieu où l'on vote les lois qui vont régir notre vie quotidienne. Pour les formations politiques il s'agit non seulement d'y être présent, mais de l'être avec le plus de députés possible pour arriver à diffuser leurs idées. Ils doivent exister au sein d'un groupe parlementaire : un regroupement composé d'au minimum quinze députés.

A gauche : l’union fait les forces

Après de houleuses négociations, les différentes formations de gauche se présentent cette année sous une même bannière : la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (Nupes). L’idée d’une telle union de la gauche était déjà d’actualité avant l’élection présidentielle, sans avoir toutefois abouti.

Réunissant La France Insoumise, Europe Ecologie-les Verts, le Parti socialiste et le Parti Communiste ce regroupement veux éviter le scénario de 2017 : l’absence d’une force d’opposition de gauche de poids à l’Assemblée. En s’alliant avec le Parti Communiste et le Front de Gauche, la France Insoumise n’avait obtenu que 27 députés. Une contre-performance après son score de 19,5% à l’élection présidentielle. Bien que remarqué durant les débats à l'Assemblée par ses prises de positions, le groupe des Insoumis comportait un trop faible nombre d'élus pour imposer ses idées dans l'hémicycle.

Plus que d’avoir un groupe, l’objectif des écologistes est d’exister à nouveau dans l’hémicycle. Tous leurs candidats avaient été éliminés lors des élections législatives de 2017, obligeant le parti à être absent des départs parlementaires depuis cinq ans. 

Le parti socialiste veut s’appuyer sur son ancrage local pour conserver sa légitimité historique face à la France insoumise et l’échec de sa candidate Anne hidalgo à la dernière élection présidentielle (1,7%).

La majorité présidentielle ne veux pas perdre du terrain

Pour "Ensemble", le nouveau nom donné à « La République En Marche », l’enjeu du scrutin de ce dimanche est de garder la main sur le Parlement. En 2017, le parti avait obtenu 350 députés, soit largement au-dessus de la majorité absolue fixée à 289 sièges. La situation lui avait permis une certaine sérénité quant au vote des différentes réformes menées par l’exécutif.

Présente sous la bannière « Ensemble », la majorité présidentielle s’est également morcelée en plusieurs mouvements (Agir, Horizon…) représentant différentes tendances du parti. Face à l’union de la gauche, et le parti Les Républicain qui souhaite trouver un nouveau souffle, "Ensemble" souhaite garder le plus de poids possible pour mener les prochaines réformes du second quinquennat d’Emmanuel Macron.

Les Républicains : gérer l'après-présidentielle

A droite, Les Républicains possèdent des enjeux similaires au Parti Socialiste. Pris en étau entre le Rassemblement National et l’aile droite d’En Marche, la candidate du parti, Valérie Pécresse, avait réalisé un faible score au scrutin présidentiel (4,78% des voix).  Après cet échec au niveau national, le parti mise sur son réseau d’élus et des alliances avec d’autres partis de droite pour limiter la casse sur les bancs de l’Assemblée Nationale.

Extrême droite: rivalité entre le Rassemblement National et Reconquête

Le Rassemblement National a comme principal objectif d’acquérir plus de poids sur les bancs de l’hémicycle par la création d’un groupe parlementaire. Mais pour réussir, il faut qu'il obtienne 15 députés à l’issue du second tour. Tâche peu facile avec les dernières polémiques sur le manque de crédibilité de candidats présentés par le parti. De plus, le RN devra gérer la concurrence du parti d’Eric Zemmour « Reconquête » avec qui le parti n’a pas souhaité nouer d’alliance.