De la laine de mouton pour isoler une salle communale à Ancy-Dornot
La coopérative Mos-laine a fourni 4 tonnes de flocons de laine de mouton dans le cadre du projet de réhabilitation thermique de la mairie d'Ancy-Dornot, près de Metz. On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.
Son N°1 - De la laine de mouton pour isoler une salle communale à Ancy-Dornot
Stéphane Ermann - président de Mos-laine
Avant de parler de ce chantier, je rappelle que Mos-laine, c'est une coopérative portée par plusieurs éleveurs ovins dont le but est de valoriser le travail des éleveurs en rémunérant à juste prix la laine. Avec la laine, on peut faire de l'isolant. Expliquez-nous, ce chantier qui est mené à la mairie d'Ancy-Dornot, en quoi ça consiste ?
On a fait un chantier en laine soufflée, sous forme de flocons. C'est un process qu'on a mis au point pendant presque 3 ans maintenant, avec des agréments nécessaires, des avis techniques, qu'on a obtenu enfin, fin 2025, suite à 3 années de tests et d'études ce qui nous permet aujourd'hui d'aller dans les marchés publics et d'assurer nos chantiers.
Quelle quantité de laine faut-il pour isoler un bâtiment comme ça ?
Il y a eu 4 tonnes de laine soufflée en flocons, ce qui représente à peu près 8 tonnes prélevées sur nos moutons des 140 éleveurs qui sont regroupés autour de Mos-laine. Cela représente environ 3200 brebis à l'échelle du Grand Est.

Il faut du temps pour prélever autant de laine ?
Le process est assez simple. On est quand même structuré aujourd'hui pour collecter cette laine. On est en train de réhabiliter des bâtiments sur Bataville, tant que l'usine n'est pas à 100% opérationnelle, on fait en fonction des commandes. Mais le process va très vite. On a validé un process assez rapide qu'il faut qu'on industrialise aujourd'hui afin de répondre plus rapidement aux commandes.
Pourquoi c'est intéressant de pouvoir isoler avec de la laine de mouton ?
La laine a plein de vertus. Déjà, c'est un super matériau isolant phonique et thermique. Il ne faut pas l'oublier. C'est un matériau hyper léger qui a une vraie faculté d'absorber l'humidité et de la rétrocéder. La laine ne craint pas l'humidité. C'est un vrai plus par rapport aux autres matériaux biosourcés.
En termes de production, j'imagine que c'est intéressant parce que vous n'avez pas le choix que de tondre vos moutons. Vous avez une matière première qui se régénère à l'infini ?
Exactement. C'est une matière première qui se régénère à l'infini et qui est prélevée sur le dos de l'animal dans le cadre de son bien-être. Nous devons tondre les moutons au moins une fois par an pour les débarrasser des éventuels parasites mais aussi pour faciliter l'accès à la mamelle pour les petits agneaux. Il faut que ce soit le plus propre possible, le plus accessible possible. La tonte a aussi cette faculté d'un point de vue technique dans la production ovine.
Concernant Mos-Laine, c'est une année importante pour vous. Vous l'avez évoqué, vous passez à l'échelle industrielle en vous installant dans ce nouvel espace sur le site de Bataville. Vous en êtes où dans ce projet ? Qu'est-ce que ça signifie pour l'avenir de Mos-Laine ?
2026, ça va être le tournant de notre coopérative puisqu'on est né en 2021. 2026, c'est l'année où on va rentrer vraiment dans les bâtiments. Il y a déjà un premier bâtiment de stockage qui a été livré en juillet 2025. Quand je dis livré, c'est parce que c'est la communauté de communes avec le PFGE qui sont en charge de la réhabilitation et qui nous louent après les bâtiments. Et puis on a le bâtiment principal, le bâtiment de production qui lui est terminé également. C'est une histoire de jour aujourd'hui pour qu'on puisse s'installer. On va rentrer dans la phase de mise en place des machines, la phase de mise en place de l'unité de production. D'ici le deuxième semestre, nous serons en capacité de produire sur Bataville.
Et donc l'objectif, c'est de pouvoir répondre à des commandes partout en France, même plus loin ?
Oui, on y répond déjà en fait. Pour l'instant, l'isolant, le process flocon, on l'a validé. On a les machines pour faire sur place. Il faut juste qu'on réinvestisse dans des machines qui puissent débiter un peu plus. Et puis sur les panneaux, on fait faire en prestations pour l'instant. Et ensuite, le cœur de métier de Mos-Laine, ça va être la production de feutres de gamme. Donc là, le feutre de gamme, il va falloir un peu de temps pour le produire. Mais en parallèle de ça, on a développé une gamme de feutres de paillage. Et là aussi, les machines sont déjà présentes. Il ne reste plus qu'à les installer. Et on répond déjà à des marchés sur le feutre de paillage, notamment en termes de protection pour les plants. Donc les parcs naturels nous commandent des protections pour les plantations de plants en feutre naturel. Et puis, on a également la Fédération des chasseurs qui est très intéressée. Donc le monde de la forêt s'intéresse aussi à nos produits. Et ça, c'est plutôt de bon augure.


