Les expérimentations et la torture des prisonniers sur le camp de Auschwitz I
On poursuit notre saga Auschwitz avec les élèves du lycée Erckmann Chatrian de Phalsbourg qui sont allés en Pologne pour prendre la mesure de la cruauté nazie. Un voyage inité par la Région Grand Est. Aujourd’hui nous les avons suivis sur le premier camp : Auschwitz I.
Son N°1 - Les expérimentations et la torture des prisonniers sur le camp de Auschwitz I
Sur le chemin qui nous emmène vers le camp souche, les noms de toutes les victimes sont cités. Nous pénétrons, ensuite, sur ce site au lourd passé en franchissant le portail tristement célèbre.
Vous découvrez ce portail d’entrée. La citation que vous avez au-dessus, en allemand, stipulant "Arbeit Macht Frei", ça veut dire : "Le travail rend libre". Ce camp, c’est la rééducation par le travail, d’où l’origine de cette phrase.
Ce lieu qui devient un camp de concentration en 1940 est une ancienne caserne militaire polonaise constituée de 28 blocs. Au cœur de celui-ci, on retrouve une place centrale commentée par notre guide Kévin Magnin.
Cette place, c’est la place d’appel. L’appel, c’est une chose, pour vérifier qui est là. La place sert aussi à faire des exemples, parfois. C’est pour ça que sur cette place d’appel, il y a aussi une potence collective qui y est installée.



Des exécutions collectives avaient lieu à cet endroit.
Elles sont organisées devant d’autres détenus, sur cette place d’appel. Les détenus doivent sortir, rester ici, pendant un temps variable. Ils devaient rester droits, le temps qu’il fallait, selon ce que les SS et les Kapos leur imposaient, et parfois, ils étaient juste témoins et devaient regarder les exécutions de leurs camarades.
Contrairement à Auschwitz II-Birkenau, créé bien après Auschwitz I, les détenus avaient divers profils.
Beaucoup de Polonais, de résistants, on trouve aussi les homosexuels, les témoins de Jéhovah, ce que l’Allemagne nazie appelle les « asociaux », et même parmi ces détenus, il y a aussi les criminels de droits communs allemands.
Tortures et expérimentations
Certains des blocs qui constituent le camp sont équipés d’installations de torture comme avec ces cellules s’ouvrant avec une trappe au sol.
Ces cellules carrées, d’un mètre sur un mètre, où quatre, voire cinq personnes pouvaient être enfermées, et aussi par la même occasion, forcées à rester debout sans possibilité de s’asseoir ou de dormir pendant plusieurs heures, ou pendant plusieurs jours, selon leur condamnation.




Certains blocs étaient aussi destinés aux expérimentations.
Les toutes premières expérimentations qu’on connaît, sur l’effet du Zyklon B pour assassiner des gens, c’est dans ce bloc que ça a eu lieu. Plus précisément dans la cellule numéro 20. C’est dans ces cellules que pour la toute première fois, en septembre 1941, va être expérimenté l’effet du Zyklon B sur les être humains.
Au total, 250 personnes ont été assassinées dans cette cellule. En voyant ces installations, certains sentiments font leur apparition auprès des lycéens comme Arthur.
C’est de l’incompréhension. On se demande comment on peut en arriver là avec cette montée de haine inexpliquée. C’est lourd de voir tout ça, on ne s’imagine pas. C’est impressionnant.
Bien que ce lieu soit explicite, il est encore assez compliqué pour Augustine d’imaginer la souffrance des prisonniers.
On se rend compte d’une partie, mais on ne peut pas voir comment c’était réellement à l’époque puisqu’on ne l’a pas vécu. C’est un peu compliqué de s’imaginer tout ça.
Dans les blocs du camp, plusieurs expositions avec des photos d’archives tentent de retranscrire l’inhumanité qui y régnait. D’innombrables objets personnels de déportés sont aussi visibles témoignant des crimes commis.


