Sarreguemines : Le pont Robert Weil passe en voie unique pour ralentir sa détérioration
Construit en 1907, le pont Robert Weil de Sarreguemines présente aujourd’hui, selon un rapport de la SNCF, d’importantes dégradations liées à la corrosion. La Ville, propriétaire de l’ouvrage, a donc dû mettre en place des mesures d’urgence. La circulation se fait désormais sur une voie avec la mise en place d’une circulation alternée.
Son N°1 - Le pont Robert Weil passe en voie unique pour ralentir sa détérioration
Depuis ce lundi, des feux de chantier sont installés de part et d’autre du pont qui franchit les voies SNCF. Une mesure provisoire à laquelle vont devoir s’habituer les automobilistes. Denis Peiffer, adjoint en charge des travaux.
Nous avons agi avec esprit de prudence et de sécurité en mettant en place cette circulation alternée. L’objectif est de tenir à minima dans les deux ans à venir, le temps que les dossiers de construction plus importants soient imaginés.
Un rapport de la SNCF pointe du doigt une corrosion avancée de la structure métallique, sans toutefois de risque d’effondrement.
Alléger la charge pour préserver la structure
Pour ne prendre aucun risque, la Ville de Sarreguemines a décidé de suivre à la lettre les recommandations de la SNCF. La circulation sur une seule voie permet de plafonner la charge à 19 tonnes, soit un bus plein, et ainsi ralentir l’usure du pont. Franck Wagner, technicien voirie à la Ville, prévoit aussi de condamner les trottoirs.
Les vérifications du pont ont aussi montré une fragilité au niveau du garde-corps. Physiquement, il y aura une séparation de voie sur le pont qui permettra de créer une voie destinée aux véhicules et un couloir destiné aux piétons. Il y aura une séparation physique par des séparateurs de voies rouges et blancs.
Cette semaine, les feux de chantier vont permettre de poser les réseaux pour alimenter les feux tricolores définitifs qui seront mis de part et d’autre du pont de 52 mètres. Les feux des carrefours à proximité pourraient aussi être reprogrammés si besoin afin de fluidifier la circulation. Dans le même temps, la municipalité anticipe déjà et va mener des discussions avec l’agglomération de Sarreguemines pour éventuellement revoir le plan de circulation des bus dans l’hypothèse où une fermeture complète pour travaux devrait avoir lieu.
Denis Peiffer, adjoint en charge des travaux et Franck Wagner, technicien voirie
Qui paie la facture ?
En parallèle des travaux, des discussions doivent se tenir entre le propriétaire du pont, la Ville, et la SNCF en charge de l’entretien. Denis Peiffer s’étonne de voir que le dernier rapport d’entretien de la SNCF date de 1970 alors même qu'un rapport du Sénat publié en 2019 révélait qu'au moins un pont sur dix en France est en mauvais état et pose des problèmes de sécurité.
C’est un ouvrage qui est vieux, mais qui aurait nécessité un entretien peut-être un peu plus courant. Visiblement, dans les 50 dernières années, il y a peut-être eu un défaut à ce niveau-là. Ce qu’on essaye de voir pour l’instant, c’est qui en a la responsabilité, que ce soit du côté de la collectivité ou du côté de la SNCF donc des discussions sont en cours, des études sont en cours aussi sur la solidité du pont. Une fois qu’on aura toutes ces réponses, on pourra davantage aller de l’avant avec, dans les années à venir je l’espère, le changement entier du tablier.
Les travaux de réparation du pont sont estimés à 3 millions d’euros. Reste donc à savoir qui devra mettre la main au portefeuille. En attendant, les 2 200 véhicules, dont 140 poids lourds et bus qui empruntent ce pont quotidiennement, devront s’attendre à voir leur temps de trajet rallongé.



