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L'espoir d'une décroissance du nombre de cas dans les hôpitaux de Moselle

L'espoir d'une décroissance du nombre de cas dans les hôpitaux de Moselle

Photo : Conférence de presse hôpital Robert Pax - Dr Arezki - Jean-Claude Kneib - Dr Matei

Après 4 semaines de « catastrophe sanitaire », l’hôpital Robert Pax de Sarreguemines voit enfin venir une certaine accalmie. Alors que le 1er cas a été détecté le 12 mars dernier dans l’établissement, ce sont aujourd’hui 308 personnes qui ont été hospitalisés à cause du coronavirus dont 49 en réanimation. L’hôpital a été totalement réorganisé et tous les personnels ont été mobilisés pour pouvoir les prendre en charge.

Ce lundi, lors d’une conférence de presse, Jean-Claude Kneib le directeur des hôpitaux de Sarreguemines a assuré que l’hôpital n’a jamais été véritablement débordé. Et bonne nouvelle, la situation semble même s’améliorer depuis quelques jours.

Nous avons toujours été à la hauteur de l'événement, et nous observons maintenant depuis jeudi dernier, une forme d'accalmie, une forme de décroissance globale. Nous avons aujourd'hui une petite marge de lits vacants à notre disposition, ce qui nous permet de faire face à une nouvelle vague. Le nombre de cas que nous dépistons a tendance à diminuer de jour en jour. Le nombre de personnes qui décèdent à l'hôpital diminue également fortement depuis 5-6 jours. 

Lundi, sur les 172 lits COVID 19 de l’établissement, 16 lits étaient vacants. La situation s’améliore également au CHR de Metz-Thionville où 25 des 100 lits de réanimation sont disponibles. Selon Marie-Odile Saillard, la directrice du CHR Metz-Thionville « il est possible qu’on amorce une décrue ».

Mais il faut rester prudent, nous ne sommes pas à l’abris d’un nouveau pic de cas pour autant. Les professionnels de la santé ont notamment peur qu'avec le beau temps, les gens sortent malgré le confinement. Dans ce cas-là le nombre de cas pourrait recommencer à grimper dans les jours à venir. 

Les services de réanimation sous pression 

Depuis le début de l'épidémie, les services de réanimation sont des services clés dans les hôpitaux. Ils sont particulièrement sous tension. Avec 49 patients accueillis, l'hôpital Robert Pax est l’hôpital de la région Grand Est qui a pris en charge le plus grand nombre de patients en dehors des grands CHU.

Ecoutez le Dr. Farid Arezki, médecin anesthésiste réanimateur.

On est passé, dans le secteur de réanimation, de 8 à 14 lits. On voyait que les choses s'aggravaient et que cela ne suffisait pas, donc après on a transformé la salle de surveillance post-interventionnelle (la salle de réveil au bloc opératoire), en réanimation. Donc on a créé 7 lits de réanimation et on a pu passer à 21 lits de réa au total. 

Grâce aux 10 transferts de patients vers l’Allemagne, et à quelques transferts vers le CHR Metz-Thionville, il y a toujours eu de la place pour les patients qui en avaient besoin.

''Une course contre la montre'' pour s'approvisionner en médicaments 

Si le nombre de patients n'est plus un problème à l'heure actuelle, l’élément qui inquiète actuellement les médecins, c’est le manque de médicaments. Au CHR Metz-Thionville, le docteur Sébastien Gette, chef du service de réanimation dénonce une véritable course contre la montre pour s’approvisionner. Selon lui, les médecins ont 24 à 48h de stock devant eux de certaines molécules.

A Sarreguemines, on parle également de 2-3 jours de réserve.

Il y a régulièrement des alertes liées aux stocks de médicaments. Les médicaments qui sont concernés surtout ce sont ceux utilisés pour la sédation. On est sous tension avec des réserves sur 2-3 jours. C'est vrai que c'est un stress supplémentaire. 

Il y a également des manques de tuyaux de respirateur et de surblouse. Pour les tuyaux, l’hôpital de Sarreguemines a commencé à stériliser des tuyaux à usage unique pour les réutiliser. En ce qui concerne les surblouses, les soignants en utilisent 2500/semaine au sein de l’hôpital sarregueminois.

Bientôt des tests de dépistage à l'hôpital Robert Pax

D’ici quelques jours, les tests de dépistages par voie nasale devraient pouvoir se faire directement au sein de l’établissement. Pour Jean-Claude Kneib, le directeur et le Dr. Arezki médecin anesthésiste-réanimateur, ça représentera un gain de temps considérable.

Jean-Claude Kneib : A partir de la semaine prochaine normalement, après avoir été décalé plusieurs fois, nous devrions mettre en service notre automate de biologie moléculaire qui nous permettra de faire nos propres examens de dépistage. On ne dépendra plus à 100% du CHR de Metz. 

Dr. Arezki : C'est un gain de temps. Actuellement, les prélèvements sont envoyés sur Mercy. Il faut 24h au moins pour avoir les résultats. Quand ça se fera ici ce sera dans les 3-4h. 

Le matériel devrait arriver le 14 avril. A noter que depuis le début de l’épidémie, l’hôpital peut également effectuer ses propres dépistages grâce à 2 scanners.

''Nous n'avons jamais été véritablement débordés"

Ça fait déjà 4 semaines que l’hôpital Robert Pax de Sarreguemines fait face au coronavirus. Au sein de l’établissement, les choses ont commencé à s’accélérer le 12 mars dernier, date du premier patient testé positif au COVID-19.

Depuis l’hôpital a été complètement réorganisé.

Tous les étages ont été reconsidérés. Aujourd'hui l'hôpital est essentiellement tourné vers la prise en charge des patients atteints du COVID-19. Nous avons aujourd'hui 172 lits qui gèrent le COVID. 

Au niveau du personnel, 69 agents ont été testés positifs et il y a actuellement un absentéisme de 30%. Heureusement, pour continuer à faire face, l’hôpital a pu compter sur un élan exceptionnel de générosité.

Nous avons pu fonctionner dans de bonnes conditions jusqu'à présent, en grande partie grâce à ces dons que nous avons collectés. Nous avons notamment un certain nombre d'imprimeurs 3D, à Woustviller, Stiring-Wendel, Rohrbach-lès-Bitche... qui ont décidé d'imprimer des visières de protection faciale. Nous avons reçu aujourd'hui plus de 200 visières.

L’hôpital Robert Pax continue aussi à tourner dans de bonnes conditions grâce à l’hôpital de Bitche qui a pris en charge 12 patients COVID-19, l’hôpital de Sarralbe qui en a pris une vingtaine et le Hohberg à Sarreguemines qui a déchargé l'hôpital de 10 patients. 

C'est également grâce à "un personnel volontaire et mobilisé. Autant les soignants que le personnel technique". Avec le plan blanc mis en place dans l'établissement, du jamais vu depuis que Jean-Claude Kneib dirige l'établissement, les personnels sont mobilisables en permanence. Il faut aussi souligner qu'une quinzaine de soignants du CHS se sont portés volontaires pour prêter main forte aux équipes de l'hôpital. 

Margot Benabbas

| lundi 6 avril 2020 à 21:29 - Mise à jour le 7 avril 2020 à 08:47

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