Les vignes dans la vallée de la Sarre

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Les vignes dans la vallée de la Sarre

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Épisode du mercredi 18 janvier 2023 à 12:20

Dimanche prochain, le 22 janvier, on fête les Vincent. Il est le Saint patron des vignerons, l’occasion de traiter dans cette chronique de la vigne et son histoire dans la vallée de la Sarre.

 

Qui est Saint Vincent et pourquoi est-il le patron des vignerons ?

Vincent Palotti est un diacre espagnol né au IIIe siècle. Il est mort martyr à Valence en 304 sous le règne de l’empereur romain Dioclétien. Il devient le patron des vignerons au XVIe siècle.

L’évêque, s’étonnant d’une importante consommation de vin, aurait chargé Vincent de vérifier ces faits. On ne connaît pas ses conclusions. Plus trivialement, le nom « vin » est contenu dans son prénom. Enfin, la période du 22 janvier est réputée favorable pour la taille de la vigne qui marque la fin du repos hivernal.

 

L’histoire de la vigne dans la vallée

La culture de la vigne est introduite par les Romains. Une serpette datant de la période gallo-romaine a été retrouvée à Sarreinsming. La première trace écrite d’une culture de la vigne dans la vallée de la Sarre remonte au XVIIIe siècle.

Lorsqu’en 1698, le duc Léopold retrouve ses terres après la terrible guerre de 30 ans, c’est un territoire dépeuplé et en ruine. Grâce à une forte immigration, la population augmenta et les friches disparurent peu à peu. Pour favoriser davantage la prospérité, il promulgua un édit le 22 avril 1728, ordonnant de planter des vignes sur tous les coteaux et dans les terres incultes cultivables. Il autorisait les habitants à s’approprier ces terrains et de les cultiver en vigne. Chaque propriétaire était autorisé à avoir un pressoir chez lui. Partout ainsi, la vigne se montra dans des endroits propices ; certains noms rappellent encore leur ancienne destination comme le Rebberg à Wittring. La meilleure espèce cultivée alors fut le pétracine, raisin de couleur jaune, donnant un bon vin de garde. Jadis, les vignes de la vallée de la Sarre commencèrent à Fénétrange,  puis venaient les beaux vignobles du comté de Nassau-Sarrewerden (Diedendorf, Wolfskirchen, etc.). À Wittring, il y en avait 7 Ha, à Sarreinsming 12 Ha, à Sarreguemines 1 Ha et à Sarralbe 4 Ha. Le vin se consomma dans le pays ; les meilleurs crus furent ceux de Niederstinzel et Sarreinsming.

 

Le déclin du vignoble

Les mauvaises années, à la fin des années 1830, succédèrent aux bonnes récoltes. Petit à petit, la culture de la vigne fut négligée. Le déclin est amorcé par l’apparition, en 1911, du phylloxera. C’est en août 1904 que le premier foyer de phylloxera est trouvé à Sarreinsming. Apparue en 1866 dans le sud de la France, cette maladie décime le vignoble. Les autorités allemandes exigent l’arrachage de tous les pieds de vigne en allouant des primes assorties d’une obligation de ne plus en replanter. Entre les guerres, les coteaux se couvrent d’arbres fruitiers pour produire le schnaps dont la consommation était importante. En 1931, la vigne avait complètement disparu à Zetting ; à Sarreguemines, de rares propriétaires, ne voulant pas renoncer à une tradition ancestrale, s’occupaient encore en amateur de 60 à 80 ares ; à Wittring 40 à 50 ares. Partout où la vigne a disparu, le vignoble d’antan est transformé en champ de trèfle, de céréales, de vergers. Il reste certains noms de lieu-dit qui rappellent ce passé.

 

Et aujourd’hui ?

On continue, le long de la Sarre, en Allemagne, à cultiver des vignes, sur 773 Ha. Les vignobles de la vallée de la Sarre appartiennent à l’appellation AOC vignoble de Moselle, depuis 1909. Géographiquement, elle se déploie de Coblence à Trêves. C’est la troisième plus grande région viticole pour le Riesling, mais on y cultive aussi du pinot noir. Avec un sol constitué principalement d’ardoise ou de calcaire coquiller, c’est un vin léger, avec des arômes fruités et floraux.

 

En conclusion

Autrefois très prospère, la vigne n’a pas complètement disparu des coteaux de la Sarre, grâce à nos voisins allemands qui entretiennent son histoire par la prestigieuse appellation Moselle. Les mirabelliers ou autres arbres fruitiers ont désormais remplacés les vignes, faisant également le bonheur des adeptes de Bacchus.

Chronique réalisée par Gilles, éthnobotaniste et mycologue.

 

 


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