Manu, enseignant de la conduite depuis 20 ans

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Manu, enseignant de la conduite depuis 20 ans

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Épisode du vendredi 31 juillet 2026 à 11:05

Borchert Emmanuel, 43 ans, enseignant de la conduite depuis bientôt 20 ans.

Alors en fait, notre métier est un petit peu plus large que ce que le nom il en dit parce que on a des gens en primo-formation donc qui viennent pour un tout premier permis mais après on fait aussi du permis moto donc des personnes qui ont déjà un permis et là c’est une formation différente. Comme on peut, faire des interventions en entreprise, on est parfois amené dans les milieux professionnels à faire des stages de sensibilisation ou de réactualisation ou de perfectionnement. 

C’est un métier que tu as toujours voulu faire ou qui est arrivé par la suite ?

Moi j’ai un parcours compliqué, j’ai fait des études de mécanique au départ donc qui n’avait rien à voir avec la voiture mais il y avait toujours un petit intérêt mécanique et puis le contact humain. Et après, les aléas de la vie on fait que je me suis retrouvé sur cette voie-là. Je l’avais fait au service militaire à l’époque (ça parlera que à certaines personnes) et après le service militaire j’ai changé de voie, mais pour y revenir lors d’une réorientation professionnelle quelques années plus tard.

Alors, moi à l’époque, c’était une formation qui se faisait sur 7 mois où on apprenait le tronc commun : la voiture, le permis B. Et après, la moto, le bateau, le poids lourd, tout ça, sont des mentions complémentaires.

Au jour d’aujourd’hui c’est une formation qui dure 2 ans, donc elle est déjà beaucoup plus complète, on va beaucoup plus au fond des choses, on est mieux formé professionnellement en sortant.

Qu'est-ce que tu aimes dans ce métier ?

La variété, ça change tout le temps, il n’y a pas 2 années qui se ressemblent. Donc il faut tout le temps remettre en cause ses acquis, se remettre à la page, il faut évoluer avec tout ce qui est réglementation, il faut évoluer pédagogiquement parlant parce que là, pareil les années ne se ressemblent pas et ce qui a bien marché avec une série d’élèves l’année dernière, ne marchera plus cette année, on a affaire à des publics différents d’années en années donc il faut sans cesse bouger. Et puis, il faut se réinventer parce que sinon on s’ennuie et c’est un métier dans lequel, c'est facile de se réinventer. Et puis, comme dans tous les métiers, il y a de la concurrence, ça booste, ça te fait aller de l’avant aussi. Ça bouge énormément, donc c’est super intéressant.

Il y a des avantages et des inconvénients dans ce métier-là, ça va être quoi les inconvénients, ça va être quoi les avantages ?

On est positif, on commence par les avantages ! Aucune journée ne se ressemble et puis c’est hyper gratifiant de ramener une formation du début jusqu’à la fin donc une personne qui vient te voir et puis qui te dit j’aimerai bien apprendre à rouler en moto, bon ben tu te lance dans une aventure avec elle et puis tu essayes d’aller jusqu’au bout et puis un jour tu vas la lâcher et elle aura son permis moto. Et entre les deux, il y aura plein de temps qui se sera écoulé, des hauts, des bas. Quand les gens sont tout en haut, ils disent « ouais c’est trop cool », quand ils sont tout en bas, ben il faut aller les chercher pour les remonter tout en haut et faire en sorte que ça fonctionne. C’est très gratifiant, et c’est vraiment des aventures sympas à vivre avec tout un tas de personnes.

L’inconvénient, c’est que sa demande une quantité d’énergie phénoménale. Quand tu rentres le soir en général, la tête elle est vide de chez vide.

Est-ce que tu t’es déjà fait des frayeurs ?

C’est pire que ça ! Déjà avec les élèves non pas trop parce-que notre métier, c’est quand même d’être pédagogue.

Là où c’est pire que ça, c’est quand nous, en tant que moniteur, on est assis dans une voiture à côté de quelqu’un qu’on connait, ça m’est déjà arrivé de chercher la pédale de freins, alors que c’était un ami à moi qui roulait. Donc, c’est un peu une déformation professionnelle, on ne peut pas s’empêcher, quand on est dans une voiture à côté d’une personne lambda, de se demander mais pourquoi il fait ça, mais pourquoi il fait pas ça… Parfois c’est dur de décrocher.

Qu'est-ce que tu pourrais conseiller à un jeune qui aimerait se lancer dans ce métier-là ?

Pas du tout ni d’être patient, ni d’être pédagogue. La pédagogie ça s’apprend, la patience ce n’est pas quelque chose d’innée ou quoi que se soit. Nous notre job, notre première qualité ça doit pas être d’être patient ça doit être de facilement se remettre en question c’est-à-dire que si notre élève n’y arrive pas faut avoir la question d’aller chercher à l’intérieur de ce que nous on a, qu’est-ce qu’on a oublié, qu’est ce qu’on a zappé, parce que si on pense que on a, je vais exagérer, la science infuse et puis qu’une simple explication suffit, on va pas s’épanouir dans ce métier-là quoi.

Et pour terminer, est-ce que tu as une anecdote, quelque chose à nous raconter ?

Alors j’en ai une, alors j’avais il y a quelques années une dame, et puis on se charriait et à un moment je lui dit un truc du style : mais vous pour avoir le permis il vous faut une ligne direct avec dieu parce que c’est avec lui qu’il va falloir négocier ça, j’ai fais tout ce que  je pourrai toujours sur le ton du second degrés et depuis qu’elle a eu son permis elle arrête pas de m’appeler dieu parce que d’après elle c’est a cause de moi qu’elle a eu le permis et elle croise ma collaboratrice Stéphanie et ma fille en ville l’autre jour et puis toujours sur le ton du second degrés quand elle avait fini de discuter 5 minutes elle dit : » Ah au fait passez le bonjour à dieu de ma part » et là ma fille s’est retournée et a demandé à sa mère : elle a vraiment appelé papa, dieu ? Donc voilà en fait les journées sont pleines de petites anecdotes comme ça super sympa.

 

 

 


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