La ministre déléguée à l'Industrie voit l'avenir en vert pour la Moselle-Est


par Margot Benabbas
mardi 26 octobre 2021 à 08:48

La ministre déléguée à l'Industrie voit l'avenir en vert pour la Moselle-Est

Son N°1 - La ministre déléguée à l'Industrie voit l'avenir en vert pour la Moselle-Est

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie

Le programme Territoires d’industrie est en cours depuis 3 ans, pouvez-vous nous rappeler en quelques-mots qu’est-ce que c’est ?

Territoire d'industrie c'est un programme de soutien à l'industrie qui vise, sur des territoires qui sont périphériques voire même ruraux à mettre autour de la table l'ensemble des parties prenantes (les industriels, les élus locaux, les services de l'Etat), faire un diagnostic et lancer un plan d'action pour redévelopper de l'industrie. Et ça marche. On a 146 territoires d'industrie en France. Ils ont lancé plus de 1800 projets de toute nature, y compris formation, innovation, attractivité des territoires. Et avec France Relance, nous avons lancé un fonds pour aider les entreprises de ces territoires à moderniser, relocaliser et décarboner leur chaîne de production. Nous avons soutenu au niveau national plus de 1400 entreprises pour remettre de l'emploi dans les territoires.

La Moselle et le Bas-Rhin ont-ils été concernés par des projets lauréats ? Avez-vous des exemples ? Peut-être même en Moselle-Est ?

Tout à fait, dans le territoire d'industrie de Moselle-Est, on peut citer par exemple l'entreprise Othon Fey qui fait de la transformation de tube d'acier et de la réalisation d'éléments mécano-soudés qui a été soutenu. Le centre de formation Aforest qui a été créé par l'industrie sidérurgique. Nous allons aider à monter un nouveau centre de formation. Ou l'entreprise Sunpower manufacturing de Porcelette qui fait des panneaux photovoltaïques innovants semi flexible. Vous le voyez c'est très varié. Au total, 42 entreprises en Moselle et dans le Bas-Rhin sont concernées. 130 projets ont été engagés dans le Grand Est.

Sur notre territoire, plusieurs projets d’envergure font parler. Vous vous êtes notamment déplacée à Hambach pour le rachat de Smart par Ineos. Est-ce que vous êtes satisfaite de la tournure qu’a pris cette affaire ? Les emplois sont-ils toujours sûrs ?

En tout cas les emplois sont toujours là. Je comprends que les équipes d'Ineos sont confiantes dans le succès commercial du Grenadier. Avant le lancement véhicule, il y a des tests qui sont faits et je comprends qu'ils sont satisfaisants. Nous allons être très vigilants à la concrétisation du lancement de ce nouveau véhicule dans un contexte général de pénurie d'approvisionnement auquel l'industrie dans sa totalité est confrontée. 

Surtout, je salue l'annonce du patron d'Ineos Jim Ratcliffe, le 18 octobre dernier concernant sa volonté d'utiliser une pile à combustible à hydrogène pour son Grenadier 4x4, ça veut dire que le prochain modèle de Grenadier est déjà en réflexion et qu'il sera totalement décarboné, c'est une très bonne nouvelle. 

Vous continuez à suivre ce dossier ? 

Bien entendu et je réunirai prochainement le comité de pilotage qui est prévu avec l'entreprise Daimler et l'entreprise Ineos. 

A Saint-Avold, la centrale Emile-Huchet doit cesser de fonctionner dans les prochains mois. A la place, on parle de créer un pôle d’énergie verte, notamment tourné vers l’hydrogène. Où ça en est ? Est-ce que la plateforme pétrochimique de Carling pourra devenir un pôle de l’énergie verte et de l’hydrogène à l’avenir ?

La plateforme de Carling elle peut plus largement devenir un pôle de chimie verte. Avec le développement de l'économie circulaire, nous allons de plus en plus recourir à des matériaux biosourcés et nous venons de lancer une stratégie d'accélération pour la chimie biosourcée. Nos grandes plateformes chimiques comme Carling ont un rôle majeur à jouer dans cet effort. Elles permettent des mutualisations entre industriel et d'accueillir de jeunes pousses innovantes. Je pense à Afyren par exemple ou Metex.

Afyren devrait créer 60 emplois directs d'ici la fin de l'année et 150 emplois indirects. C'est une entreprise que nous accompagnons au travers de BPI group et qui bénéficie de soutien de la région et de la communauté d'agglomération. L'usine sera opérationnelle en 2022. Son objectif est de mettre au point des processus de production qui permettent de diviser par 3 les émissions de CO2 sur des processus chimiques.

Et Emile Huchet ? 

Nous y travaillons, c'est un dossier sur lequel la ministre de la Transition écologique est mobilisée. 


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