ICOPE Monitor : un outil numérique pour évaluer ses fonctions essentielles destiné aux seniors
La communauté professionnelle territoriale de santé de Forbach déploie un nouvel outil pour les seniors de plus de 60 ans, ça s'appelle ICOPE. De quoi s'agit-il ? On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.
Son N°1 - ICOPE Monitor : un outil numérique pour évaluer ses fonctions essentielles destiné aux seniors
Arthur Comisso, coordinateur de la CPTS Porte de France Moselle
ICOPE, c'est un programme de santé publique développé par l'OMS, ça signifie Integrated Care for Older People, en français "Soins intégrés pour les personnes âgées". Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est quoi le but de ce programme ?
C'est un programme de santé publique qui a été effectivement développé par l'OMS. C'est un programme qui est là pour prévenir la perte d'autonomie chez les personnes de 60 ans et plus. L'objectif, c'est de repérer précocement les premiers signes de fragilité, d'agir rapidement et d'accompagner les seniors pour maintenir leur capacité le plus longtemps possible.
Le programme se base sur l'analyse de six fonctions essentielles. Est-ce que vous pouvez nous les détailler ?
Il y a la mémoire/cognition qu'on considère comme une fonction, la nutrition, la mobilité, la vision, l'audition et l'état psychologique.
Les personnes vont répondre à un questionnaire en ligne. C'est la première phase, la phase de repérage. Comment ça fonctionne ?
Il y a plusieurs manières d'effectuer le repérage. Sur le site Internet, il y a le site ICOPE Monitor. On va pouvoir réaliser le repérage sur le site Web pour celles et ceux qui seraient éventuellement à l'aise avec un ordinateur. Pour celles et ceux qui seraient à l'aise avec une application mobile, il y a l'application mobile ICOPE Monitor. Si ces deux manières de faire pour se repérer ne sont pas forcément à votre goût, on peut faire un repérage directement sur version papier. Il faut juste prendre contact avec nous directement à la CPTS Porte de France Moselle et on va pouvoir réaliser le repérage en version papier. C'est vraiment l'étape numéro une du parcours ICOPE.
Ça passe par quoi ? Ce sont des questions ? Ce sont des tests ?
Oui, exactement. Ce sont des questions et des tests. Pour la mobilité, c'est un test physique qui est très simple. Il faut effectuer des levées de chaise. Pareil pour la mémoire, la nutrition, la cognition... ce sont des questions sur vous, sur votre quotidien, sur comment vous vous sentez. Elles ont été développées par l'OMS, mises en place par l'OMS. Elles sont plutôt bien.
Si une fragilité est repérée pendant cette phase de repérage, qu'est-ce qui se passe par la suite ?
Il y a différents scénarios possibles. Il peut y avoir une fragilité ou plusieurs. En fonction de ça, on a une sorte d'arborescence des possibilités qui vont être mises en place. Si il y a une fragilité ou plusieurs, ça va vraiment dépendre, un professionnel de santé formé va réaliser une évaluation plus poussée avec le patient. Ça s'appelle l'étape 2. À l'issue de l'étape 2, s'il s'avère que c'est utile, il y a un accompagnement adapté qui va être proposé selon les besoins détectés.
Pourquoi pour la CPTS c'est intéressant de mettre en place ce type de programme ?
C'est intéressant parce que c'est notre mission. On a différents parcours que l'on déploie sur tout le territoire, sur les deux communautés d'agglomération Forbach et Freyming, les 32 communes, on a plusieurs parcours. Ce parcours, ICOPE, c'est notre parcours personnes âgées. C'est pour accompagner les personnes âgées, effectuer du repérage et les orienter au mieux. On a plusieurs autres parcours comme l'insuffisance cardiaque, le diabète. C'est important parce que c'est notre mission.
Détectées de bonne heure, certaines pathologies peuvent être mieux prises en charge ?
Exactement. Ce qui va se passer c'est que les personnes souvent vont sentir qu'elles perdent un peu la mémoire, qu'on a moins de mobilité, qu'on voit peut-être moins bien. Au fur et à mesure du temps, de manière lancinante, ça va s'aggraver. Sans y faire attention, c'est à ce moment-là que la situation générale se dégrade. C'est à ce moment-là qu'il y a le plus de risques d'hospitalisation. C'est pour ça d'ailleurs qu'ICOPE recommande de réaliser ce test de repérage tous les six mois. Mais attention, je rassure tout le monde, ça dure vraiment une dizaine de minutes et ça peut être réalisé par la personne, par son entourage, par un professionnel de santé de l'entourage. Il n'y a aucun problème. Si la personne ne se sent pas de le faire, l'entourage peut le faire.


