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Les bureaux de tabac pris d’assaut

Les bureaux de tabac pris d’assaut

Depuis le début du confinement, impossible pour les frontaliers de se rendre en Allemagne. Les frontières sont fermées. Elles sont ouvertes uniquement pour les personnes travaillant de l’autre côté de la frontière. Un coup dur pour les fumeurs de Moselle-est qui avaient pour habitude de se rendre chez nos voisins pour acheter des cigarettes. Ils n’ont donc pas d’autres choix que de se rendre chez les buralistes français qui voient leurs ventes de tabac s’envoler.

Selon la confédération nationale des buralistes, les ventes de tabac ont augmenté de 30% depuis le début du confinement. Pour le Nord et l’Est de la France les ventes seraient multipliées par deux. Qu’en est-il chez nos buralistes ?

A Freyming-Merlebach, Murielle est obligée d’aller se ravitailler tous les jours

On peut difficilement faire plus près de la frontière allemande que le bureau de tabac Stauffer-Lett de Freyming-Merlebach. Murielle Lett, dirige ce commerce depuis 20 ans et pour elle il n’y a aucun doute, il n’y a pas moins de fumeurs en France, ils se ravitaillent juste ailleurs, chiffres à l’appui.

« En paquets de cigarettes c’est impressionnant. Ils prennent énormément de pots à rouler. Avant le confinement je prenais 6 paquets pour la quinzaine aujourd’hui j’en prends 60 pour 10 jours ça ne suffit pas. En chiffre, je faisais 16 000€ de chiffre d’affaire sur quinze jours pour le tabac. Aujourd’hui on est entre 70 000€ et 80 000€ de cigarettes. »

Pour remplir ses rayons, Murielle Lett peut compter sur l’aide de son mari qui se rend au dépôt de Ludres tous les jours pour faire le plein. Face à ce constat, la commerçante est très en colère et compte bien écrire une lettre au gouvernement.

« Quand la crise sera finie, je vais envoyer les chiffres qu’on a fait là cette année pendant la période de crise et je vais envoyer mes chiffres de l’année dernière et même des années précédentes. Pour que le gouvernement voie les différences et se pose peut-être les bonnes questions. »

Comme dans la plupart des commerces, Murielle Lett a instauré des règles pour limiter les risques de contamination au coronavirus. Les clients font la queue dehors, un seul client à la fois dans la boutique.

A Diebling, les rayons sont presque vides

Thierry Fiegel dirige le bureau de tabac de Diebling depuis 18 ans. Ces deux dernières semaines, il a vu sa clientèle changée.

« L’augmentation du passage est uniquement dû au nombre de fumeurs qui d’habitude n’achètent pas chez moi. Parce que mes clients habituels y en pas mal qui ne viennent plus. Ceux qui jouaient par exemple. »

Par rapport à un mois de mars « normal », le chiffre d’affaire de Thierry Fiegel a presque doublé, seul problème, les stocks ne suivent pas.

« J’ai qu’une livraison de tabac par mois. J’ai un stock déterminé en fonction de ma clientèle habituelle. Et là actuellement mon rayon tabac il n’y a presque plus rien. C’est à peu près la même chose partout ».

Concernant ses autres activités, Thierry Fiegel a également augmenté son nombre de vente du côté de la presse « il faut bien que les gens s’occupent » nous dit-il.

L’activité postale, à savoir tout ce qui concerne l’envoi de lettres et de colis ou encore l’achat de timbres, a aussi augmenté en raison de la fermeture des bureaux de postes de Forbach, Farébersviller et Puttelange-aux-Lacs ces deux dernières semaines.

Le commerçant a adapté ses horaires d’ouverture depuis le début du confinement. Il n’ouvre plus que le matin. Il a également repensé sa manière de fonctionner en ne laissant entrer qu’un client à la fois dans le magasin.

Le panier moyen a doublé au tabac Richert à Sarre-Union

Au tabac Richert à Sarre-Union, si le nombre de passages en caisse a baissé d’environ 50% depuis le début du confinement, le panier moyen a doublé. Du coup, le gérant Claude Richert (également membre des Buralistes en colère), fait le même chiffre qu’avant le confinement. Et ça, ça s’explique par le fait que les fumeurs qui habituellement se rendait en Allemagne pour acheter leurs cigarettes, viennent désormais les acheter chez lui.

« En fait, ceux qui viennent aujourd’hui ce sont principalement des gens qui, selon le gouvernement, avaient arrêté de fumer, alors qu’en réalité ces personnes-là allaient acheter leur tabac en Allemagne ou au Luxembourg. Et du coup aujourd’hui ils viennent chez nous, ils achètent des cigarettes et du tabac. »

70% des ventes de tabac actuellement viennent des acheteurs habituellement frontaliers.

Toutefois, les clients ne viennent pas uniquement pour les cigarettes.

« Ce qui marche très bien, c’est donc le tabac. On a triplé les ventes. Les lotos et jeux de grattage fonctionnent se vendent aussi très bien. Et puis, le timbre ! Comme la Poste de Sarre-Union n’est quasiment plus ouverte, je vends des timbres à gogo ! Ce qui est aussi étonnant c’est qu’il y a beaucoup plus d’envois d’argent, dû au fait que beaucoup de personnes envoient de l’argent à leurs proches pendant le confinement je pense. »

Et puis depuis le confinement, les copies d’attestation de sortie explosent.

« Rien que pour le mois de mars, je pense que j’ai fait pour 600 ou 700 euros de copies. Ça représente environ 1 500 copies. On les fait payer pour deux raisons : parce que ça coute de l’argent quand même, et puis aussi pour responsabiliser les citoyens, que ce ne soit pas un bout de papier qu’on prend à gauche à droite et qu’on puisse se balader à tout va. »

Depuis le confinement, Claude Richert a dû adapter les horaires d’ouverture de son commerce. Il est désormais ouvert uniquement le matin, sauf le vendredi. Le gérant a également mis en place une barrière à un mètre du comptoir, ainsi qu’un sens de passage et un marquage au sol pour respecter les distances de sécurité. Enfin, tout ce qui est touché par les clients est désinfecté : TPE, écrans, comptoir, etc… Une désinfection qui se fait parfois toutes les 5 à 10 minutes en fonction du passage en caisse.

Camille Bazin

| lundi 6 avril 2020 à 06:52 - Mise à jour à 10:15

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