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Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''


par Margot Benabbas
mercredi 5 août 2020 à 13:45

Prost dans les rues de Sarreguemines

Le week-end dernier, vous avez pu l’apercevoir dans les rues de Sarreguemines avec ses aérosols. Le street-artiste Prost, en partenariat avec l'association MozArt, a réalisé une grande fresque, sous le regard intrigué des passants. Il ne nous dévoilera pas son nom, mais on peut vous dire qu’il est originaire de Sarreguemines, qu'il a 27 ans et qu’il vit à Paris où il étudie l’histoire de l’art. Pour lui, être un artiste urbain : "ça a toujours été un rêve". Un jour, chez lui à Paris, il a eu un élan d'inspiration, a pris des bombes et s'est mis à peindre des ronds. C'est là que tout a commencé. 

''La fête, l'amour et le plaisir de vivre'' 

Prost est donc un artiste urbain qui réalise des œuvres abstraites, avec sa propre touche personnelle.

Son N°1 - Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''

Ma touche, c'est vraiment la succession et la multiplication d'une même forme qui est le rond avec plusieurs couleurs. Et la superposition des ronds donne un effet d'infini, et ça c'est Prost. 

Cette répétition de ronds, il l’a baptisée « Disco Moon ». Un projet coloré et abstrait auquel le spectateur participe quand il le regarde : "Moi je donne quelque chose à voir et c'est le regardeur qui l'interprète, qui le voit et qui va en faire quelque chose. Moi une fois que je le peins, c'est fini pour moi, le travail est fait. Après c'est au spectateur de faire vivre l'art". 

Dans son travail, Prost associe également souvent "Disco Moon" avec des grandes œuvres classiques qu’il réalise à l’aide de pochoirs.

Son N°2 - Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''

J'ai commencé à faire dialoguer mon travail des ronds avec l'histoire de l'art. J'ai une formation en histoire de l'art et en architecture et donc je suis très lié à la culture classique et à l'idée de sortir des oeuvres du musée, les mettre dans la rue et les faire dialoguer avec mon travail. Et donc j'essaie de recréer avec le passé, le neuf, le nouveau.   

Pourquoi "Prost" ? 

Son N°3 - Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''

Je cherchais un nom qui n'avait pas de réelle signification à part "Santé !", le moment où finalement on est avec nos amis, on passe du bon temps... C'est le moment où on prend l'apéro. Voilà, c'est ça "Prost", le bon temps avant tout et l'art du plaisir de l'art, l'art de la fête, l'art de la joie. 

L’univers de Prost est très lié à la fête, au plaisir de vivre et à la musique électronique qu'il écoute quand il peint. Pour lui, en quelques mots : "C'est la quête de l'instant présent qui nous échappe à tous je pense, c'est ça que je cherche à faire". 

Des collages dans les rues de Paris   

Pour découvrir son travail, il suffit de se balader dans les rues de Paris et d'ouvrir l'oeil. 

Son N°4 - Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''

La première chose que je fais c'est du collage. C'est à dire que je peins dans mon atelier des projets et après je me balade dans la ville et je les colle. Après quand je peux aussi je vais directement peindre dans la rue, quand on m'offre l'opportunité ou quand je me donne le droit.  

Avec ses œuvres, il veut repeindre Paris et surtout mettre de la couleur dans la vie des passants. Ici dans la région, on peut voir son travail sous certains ponts ou le long de la Sarre, mais il aimerait beaucoup qu’on lui propose des projets d’endroits à peindre de manière totalement légale. Le jeune artiste souhaiterait faire découvrir aux habitants de la région, le street-art. Démocratiser cet art. 

Son N°5 - Prost, le street-artiste ''en quête de l'instant présent''

La peinture de rue c'est pas forcément mauvais ou négatif. La bombe aérosol c'est pas forcément négatif. On peut en faire des choses belles et, au contraire, ça intéresse certainement les gens parce qu'à chaque fois que je peins en public les gens sont vraiment intrigués par ce que je fais parce qu'on voit jamais vraiment de graffeurs peindre, c'est comme si c'était un mythe. Alors qu'en fait, c'est pas ouf, on fait juste de la peinture, on a envie de s'amuser et de partager.