Santé

Fatigue dans les hôpitaux : à Sarreguemines comme ailleurs ''ça devient intenable''


par Margot Benabbas
vendredi 14 janvier 2022 à 09:31

La fatigue se fait de plus en plus ressentir au sein de l’hôpital Robert Pax de Sarreguemines et de l’hôpital Saint-Joseph de Bitche. Mardi, 120 personnes ont réalisé une minute de silence contre « la mort programmée de l’hôpital public » à Sarreguemines. Un même rassemblement a également eu lieu à Bitche avec une vingtaine d’agents. Voilà pourquoi.

Son N°1 - Fatigue dans les hôpitaux : à Sarreguemines comme ailleurs ''ça devient intenable''

Le problème n’est pas propre aux établissements de Sarreguemines et Bitche, mais concerne tous les hôpitaux publics. A Saint-Avold ou encore Forbach, les soignants ont le même discours : le personnel est à bout. Monique François est déléguée fédérale FO Santé Lorraine.

Ça fait deux ans qu’ils sont dans le combat, à sauver des vies, à s’occuper des patients qui sont touchés par le Covid. Il faut comprendre qu’il y a un épuisement psychologique et physique qui s’installe pour les soignants.

Le manque de personnel ne date pas du Covid mais bien d’avant. Seulement la pandémie a tout amplifié. Aujourd’hui, les hôpitaux doivent, en plus, faire face à des démissions en chaîne.

On sait qu’il y a un certain nombre de postes qui ne sont pas pourvus. On sait aussi qu’il y a entre 20 et 30 personnels qui ont quitté l’établissement les 6 derniers mois, plus les arrêts maladie. Les agents qui sont sur le terrain sont sollicités et resollicités et ça devient intenable.

Intenable pour les agents comme Sandrine Berton qui est aide-soignante.

Ça fait deux ans qu’on essaye de lutter contre la montre finalement. Et on tombe les uns après les autres par fatigue. J’ai vu des collègues qui étaient solides, très solides qui malheureusement ont un genou à terre aujourd’hui. C’est une situation qui gangrène les services, vraiment. C’est une hémorragie.

Pour que le personnel tienne bon et que l’hôpital tout entier tienne bon, les deux femmes appellent la population à se faire vacciner. Elles tiennent aussi à alerter l’opinion publique à la veille de l’élection présidentielle.

Une nouvelle minute de silence est prévue tous les vendredis à 14h.