Hambach : ''Ils veulent laisser mourir notre entreprise à petit feu'' : les salariés de Mahle Behr à bout de souffle


par Radio Mélodie
jeudi 13 juin 2024 à 10:30

''Ils veulent laisser mourir notre entreprise à petit feu'' : les salariés de Mahle Behr à bout de souffle
Mahle Behr à Hambach

Chez Mahle Behr à Hambach les salariés sont à bout de souffle. 180 personnes vont perdre leur emploi. Depuis des mois ils sont à la recherche de solutions pour atténuer l'impact social et assurer un avenir professionnel viable pour les travailleurs concernés, mais les négociations avec la direction n’aboutissent pas.

Geoffray Roche délégué syndical CGT

Vous avez rencontré la direction mardi, comment ça s’est passé concrètement ?

Concrètement, ils nous ont un peu dit que derrière, l'entreprise ne fermerait pas, que derrière, on continuerait l'activité avec une centaine de personnes. Ils nous ont présenté des chiffres, des chiffres d'affaires, des résultats, mais nous, on n'y croit pas. Hier, on a eu l'expert financier qui nous a dit que comptablement, l'entreprise ne serait pas viable. Les discussions butent en ce moment sur les sommes, sur les durées du congé mobilité, du congé senior et des choses comme ça. Nous, on est à la hauteur des enjeux parce qu'on sait que d'ailleurs, d'ici deux ou trois ans, voire quatre ans, c'est fini. Donc, si la direction ne met pas ce qu'il faut au bout, on n'ira plus loin.

Pour recontextualiser, Mahle Behr fabrique des pièces pour l'industrie automobile. Et ce qui se passe, c'est qu'en fait, depuis maintenant, de nombreux mois, vous n'avez plus de travail, finalement. L'usine ne tourne plus vraiment, c'est ça ?

Ben oui, on a été impacté par le Covid. Après, on a été impacté par l'histoire des composants électroniques, il y avait moins de commandes. On a aussi été impacté par des défauts de qualité sur une pièce. Ça nous a amputé beaucoup sur les résultats depuis quelques années. Maintenant, on a des baisses de commandes parce que les véhicules électriques, ça ne se vend pas si bien. Donc, on livre une pièce à Bruxelles, chez Audi, là-bas, ça ne fonctionne pas. Il y a des collègues qui se retrouvent à faire de la peinture, du ménage et des choses comme ça. Donc, c'est très compliqué. Notre chiffre d'affaires est très, très amputé en ce moment.

Donc, selon vous, au niveau de l'intersyndical, qu'est-ce qu'il faudrait faire ? Qu'est-ce que vous demandez ?

Au niveau de l'intersyndical, ça fait un moment qu'on leur demande de nous mettre des nouveaux contrats. Il y a que ça qui pourrait nous sortir la tête de l'eau. Mais le groupe de Mahle Behr ne veut pas le faire et a décidé de transférer déjà une partie de nos vieux produits en Tchéquie. Le nouveau PSA, il se fait plus chez nous alors que ça fait plus de 20 ans qu'on en faisait, il va se faire en Pologne et ainsi de suite. Donc, le groupe a pris la décision de laisser mourir à petit feu notre entreprise. Nous, on demande à la direction de nous mettre des choses, mais soi-disant, on n’est plus rentables. Donc, à un moment donné, on se retrouve coincé. Et je pense que pour l'instant, ils veulent qu'on termine les commandes et les contrats qui sont en cours jusqu'en 2027, 2028.

Une quarantaine de salariés ont plus de 58 ans sur le site. Ça sera difficile pour eux de retrouver un travail. C'est aussi sur ça que vous alertez ?

Ben oui, on a une moyenne d'âge d'ancienneté de 25 ans et puis une moyenne d'âge de 50 ans. Donc oui, il faut reclasser tous ces gens et ça va être très compliqué. Et par rapport aux mesures que propose la direction, c'est light. Et on a l'impression qu’ils ne comprennent pas que derrière, il faut mettre des mesures correctes à hauteur des enjeux. Mais la direction, elle ne veut pas faire de PSE ou de plan de sauvegarde de l'emploi, elle préfère passer par une rupture conventionnelle collective par une GEPP, une gestion des emplois prévisionnelle, des choses comme ça, avec un congé senior. Il y a tous les trucs dedans : congé senior, congé mobilité, tout ça, mais au bout, il n’y a rien. C'est très light. Un congé mobilité de trois mois, ce n’est pas assez pour que la personne puisse se réintégrer dans le marché du travail.

Les négociations se poursuivent. Est-ce que c'est à l'arrêt ? Est-ce qu'il y a des choses prévues prochainement ?

Ils nous ont proposé un tout petit plus, mais ce n’est pas à la hauteur des enjeux. Je ne sais pas, ils ne comprennent pas, ils ne veulent pas payer, je n’en sais rien. Mais bon, Groupe Mallet, ce n’est pas un groupe de dix personnes, c'est un groupe de 70 000 personnes dans le monde. À un moment donné, il faut qu'ils mettent l'argent au bout, surtout qu'ils restructurent un peu partout dans le monde.


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