L'association alsacienne Unsri Gschicht se bat pour une ''exception mémorielle'' à l'occasion du 11 novembre


par Camille Bazin
lundi 10 novembre 2025 à 10:19

L'association alsacienne Unsri Gschicht se bat pour une ''exception mémorielle'' à l'occasion du 11 novembre

Demain, 11 novembre, des commémorations auront lieu partout en France pour l’Armistice de la Première Guerre mondiale. Chaque année, une association se bat pour faire reconnaitre les spécificités locales de cette histoire : Unsri Gschicht. On en parlait ce matin dans le Grand Réveil avec notre invité.

Son N°1 - L'association alsacienne Unsri Gschicht se bat pour une ''exception mémorielle'' à l'occasion du 11 novembre

Eric Mutschler – Président de l’association Unsri Gschicht en Alsace

Selon votre association, les discours prononcés en Alsace ne peuvent pas être les mêmes que dans le reste de la France. Pourquoi ?

Pour une raison très simple, c'est que le 11 novembre, l'armistice pour la victoire, bien sûr, et aussi depuis la loi de 2012, tous les morts pour la France, or en Alsace et en Moselle, l'actuelle Moselle, les soldats alsaciens et mosellans à l'époque, ce qu'on appelle les Feldgrauen, pour désigner les soldats allemands, d'après leur surnom, tous les soldats de la première guerre mondiale du côté allemand, ne sont pas morts pour la France. Ils sont morts pour leur patrie de l'époque, l'Allemagne, puisque l'Alsace, et la Moselle, sont allemandes, ou sont redevenues allemandes depuis le traité de Francfort, qui met fin à la guerre de 1871. Donc les Alsaciens sont allemands, et ceux qui sont tombés en 1914-1918 sont nés et sont morts allemands.

Vous avez donc envoyé aux 880 maires d'Alsace une lettre avec une proposition de discours. Qu'est-ce que vous dites dans ce discours, et puis surtout, est-ce que les maires ont été réceptifs à ce courrier ?

Les maires sont de plus en plus réceptifs. On n'a pas forcément des retours directs, et tout de suite, surtout de la part des maires. Ce que l'on propose aux maires, c'est de revendiquer une exception mémorielle, c'est-à-dire que par dérogation de ce qui se fait en France, et que la ministre adresse aux maires une proposition de discours, et malgré des demandes répétées, y compris d'ailleurs de la part de parlementaires, on s'obstine à ne pas vouloir prendre en considération cette réalité historique. Nous, ce que nous proposons aux maires, tout simplement, c'est de dire la réalité historique. Nous, ce que l'on demande, c'est simplement qu'on n'oublie pas ce quart de million d'Alsaciens qui ont combattu sous l'uniforme allemand. On est quand même en 2025 aujourd'hui. Est-ce qu'on doit continuer à se taire pour des raisons idéologiques ? En réalité, cette histoire, je crois que non. Il n'y a pas de honte à avoir été allemand, en tout cas en Alsace, d'avoir d'ailleurs des origines qui font même la singularité de notre territoire, à commencer par sa langue.

Et selon vous, est-ce qu'il faudrait peut-être plusieurs commémorations, peut-être plusieurs dates ?

Alors, ça fait partie effectivement de la proposition que nous faisons. Vous savez, les contextes sont très différents. Entre la Première Guerre mondiale, les Alsaciens sont mobilisés de façon totalement légale, puisqu'ils sont allemands d'après un traité international reconnu par la communauté internationale. Il n'y a pas de problème. Ils sont à ce moment-là allemands. Ça, c'est la situation de la Première Guerre mondiale, qui est radicalement différente de la Seconde Guerre mondiale, où là, il s'agit d'une annexion de fait par l'Allemagne et le régime nazi. Et pendant toute la Seconde Guerre mondiale, les Alsaciens et les Mosellans vont rester de nationalité française. C'est pour ça qu'on va parler de, "Malgré nous", nous on préfère parler d'enrôlés illégaux, puisque cette mobilisation et cet enrôlement par le régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale est contraire à la convention de La Haye 1907, qui interdit à un pays d'enrôler des citoyens pour aller combattre contre leur propre pays. C'est donc le cas des Alsaciens-Mosellans, puisqu'ils sont français. Et on va les envoyer combattre contre leur propre pays. Donc nous voudrions le 11 novembre, pour les Feldgrauen, le 8 mai, pour tous les morts pour la France, ça c'est légitime, c'est la Libération, c'est la capitulation de la victoire sur le régime fasciste nazi. Et le 25 août, parce que c'est une commémoration de l'enrôlement illégal des "Malgré-nous", en 1942.


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