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Les dirigeants de petites sociétés se sentent oubliés - Partie 2

Les dirigeants de petites sociétés se sentent oubliés - Partie 2

Esthéticienne, maître d’œuvre, toiletteuse, gérante d’une boutique d’objets personnalisés, ces quatre chefs de petites entreprises nous racontent comment ils gèrent, ou plutôt subissent, le confinement. Suite et fin de notre série avec le portrait de Sabine, toiletteuse à Freyming-Merlebach et Sandra, gérante d'une boutique d'objets personnalisés à Stiring-Wendel. 

« Les reports c’est très beau mais on va traîner ça très longtemps »

Sabine Mergen est toiletteuse. Elle dirige son salon Ô Poil d’Or à Freyming-Merlebach depuis 7 ans. Dès le début du confinement, la situation a été compliquée pour elle. Dans quelle case ranger les toiletteurs ? Ils n’accueillent pas de public mais en même temps ce n’est pas un commerce essentiel.

Après quelques coups de téléphone à la chambre du commerce, Sabine Mergen a décidé, à contre cœur, de fermer son salon le mardi 17 mars.

Je peux comprendre mais moi je travaille seule, je n’ai pas d’employés, donc si j’accueille le client de l’extérieur avec un masque et des gants, que je récupère le chien et que le client revient une heure et quart plus tard ce n’est pas pire que les bureaux de tabac qui sont ouverts.

Sabine s’inquiète pour ses clients réguliers à quatre pattes qui ont besoin de soins réguliers.

Le toilettage ce n’est pas juste une question de rendre le chien beau. J’ai des chiens qui ont des problèmes de peau qui doivent avoir le poil coupé régulièrement pour que leurs problèmes de peau ne s’aggravent pas. J’ai des chiens, il faut que les oreilles soient épilées régulièrement parce que sinon ils font des otites donc si les oreilles ne sont pas traitées et nettoyées comme il faut c’est direction le vétérinaire, piqûres, antibiotiques et tout ce qui va avec. C’est pareil pour les griffes. Je pense que les gens qui n’ont pas d’animaux ne se rendent pas compte.

Pour aider les propriétaires d’animaux à distance, Sabine Mergen poste régulièrement des tutos en ligne sur sa page Facebook pour donner des conseils à ceux qui voudraient couper les poils ou les griffes de leurs animaux.

La toiletteuse a pu toucher les 1500€ d’aide promis par l’État mais cette somme est loin de compenser la perte engendrée par ces deux mois d’inactivité.

Ce qui m’inquiète c’est que les reports c’est très beau mais on va traîner ça très longtemps. Ce n’est pas en un ou deux mois qu’on va pouvoir tout régler, nos loyers, l’URSSAF, nos retraites ... Tout ça, c’est reporté, c’est bien beau mais il va bien falloir qu’on les paye donc ça va être reporté sur les mois qui vont venir et en attendant on ne pourra plus faire de trésorerie parce que tout ce qu’on va rentrer ça va ressortir en surplus de tout ce qu’on doit payer.

Sabine Mergen est consciente qu’elle n’est pas la plus à plaindre. Sans crédit et sans employé elle réussit à se maintenir la tête hors de l’eau et espère pouvoir reprendre au plus vite son activité.

« On se battra jusqu’au bout »

Sandra Petry et son mari ont ouvert la boutique de cadeaux personnalisés Time’s il y a 4 ans à Stiring-Wendel. En plus de la boutique ils travaillent avec des entreprises, pour qui, ils font des habits de travail. Lundi 16 mars, ils étaient devant la télévision pour suivre l’allocution du président.

D’abord j’ai pleuré. Je me suis dit que ce n’était pas possible. Et après on s’est rendu à l’évidence et on a mis les pancartes sur la vitrine en disant qu’on ne pouvait plus prendre de public et on espérait un peu naïvement continuer à travailler avec les pros. Mais en fait les pros ont arrêté de travailler. Nous on travaille avec le BTP, les restaurateurs et le peu qui travaillaient encore ils avaient autre chose à penser qu’à nous. Au début c’était la grosse claque.

Sandra Petry et son mari ont tout de suite fait le nécessaire pour reporter les prélèvements du loyer et des charges. Mais concernant la prime de l’État, ils n’y ont pas le droit.

Je me suis mise en arrêt maladie pour la garde de ma fille mais Patrick étant gérant il n’a le droit à rien. Comme l’entreprise est en plein essor on a fait plus de chiffre les 15 premiers jours de mars que l’année dernière au mois de mars donc la prime de l’état on n’y a pas le droit.

Sandra est consciente que son commerce n’est pas essentiel et sait que même après le déconfinement le redémarrage sera difficile.

Nos clients, même si on a eu beaucoup de soutien, je sais bien qu’ils n’auront pas de trésorerie. Je ne leur en veux pas mais c’est sûr que quand tu as une boîte tu vas là où tu as besoin le plus. Et puis toutes les charges qu’on a elles sont juste retardées elles vont tomber un jour où l’autre.

Malgré tout, le couple pense à l’avenir et ne veut pas envisager le pire. Ils réfléchissent à d’autres produits qui pourraient être indispensables au moment de la relance comme les masques ou les gels hydroalcooliques.

On se battra jusqu’au jour on où sera au tribunal pour dépôt de bilan. Ça sera à ce moment-là qu’on aura compris qu’on a fini mais autrement on se battra. On a beaucoup d’énergie encore à mettre là-dedans. Ce n’est pas une entreprise qu’on a ouvert pour la refermer.

Camille Bazin

| vendredi 24 avril 2020 à 04:56 - Mise à jour à 06:47

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