Catastrophe du puits Simon à Forbach : Denis Lipski était allé chercher ses camarades au fond


par Margot Benabbas
mardi 25 février 2025 à 16:04

Catastrophe du puits Simon à Forbach : Denis Lipski était allé chercher ses camarades au fond

40 ans après la catastrophe du puits Simon, Denis Lipski, sauveteur volontaire se souvient. Il fait partie des personnes qui sont descendues pour aller chercher les 22 victimes de ce coup de grisou. Hier, lors de la commémoration, il a fait la rencontre d’Erna. Il s’agit de la mère de Jean Maik, le dernier mineur dont le corps a été remonté. 

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Denis Lipski n’avait que 25 ans à l’époque. Celui qui vit à Macheren était sauveteur volontaire et se souvient très bien de ce 25 février 1985.

Le 25 j’étais au fond à Merlebach, à Vouters, comme mineur. Pendant l’inter-poste, entre 12h30 et 13h, il y a le poste de midi qui descend et c’est là qu’ils nous ont dit qu’il y avait eu un grave accident à Forbach avec des morts. Nous, étant au fond, on a déjà un peu peur et moi, étant sauveteur, je me suis dit : « à coup sûr on va m’appeler pour venir ». Je remonte au jour, là où on accroche la lampe il y avait un petit papier et c’était marqué dessus : venir directement au sauvetage.  

Denis a été envoyé au fond le lendemain pour remonter ses camarades décédés dans la tragédie dont Jean Maik. 40 ans plus tard, ce mardi 25 février 2025, lors de la commémoration de la catastrophe, l’ancien sauveteur a finalement rencontré Erna, sa mère qui vit à Etzling.

Ce matin j’ai dit : « c’est un miracle ». Au bout de 40 ans il vient il me dit : « C’est moi qui ai sauvé votre fils ».

Denis fait partie de ceux qui ont permis de ramener le corps de son fils à la maison à l’issue d’un sauvetage très compliqué.

Très dur, très chaud et on était chargé avec des appareils respiratoires qui font 13kg sur le dos avec le brancard, avec tout le matériel. Je suis arrivé avec mon ingénieur près d’une machine et, quand je suis arrivé, j’ai vu une bosse, parce qu’il y avait de la poussière. Et c’est là que je l’ai vu, je l’ai reconnu. Et sa lumière de casque d’ailleurs était encore toute faible et il me regardait comme pour dire : « tu viens me chercher ». Je lui ai dit : « il est temps de revenir à la maison maintenant ».

C’est avec énormément d’émotion que cette rencontre s’est déroulée aujourd’hui, 40 ans plus tard. Le corps de Jean Maik avait été le dernier remonté le 26 février. Il était électromécanicien et n’avait que 23 ans.


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