Connaissez-vous l'histoire de Willerwald ?

Un point d’histoire avec Bertrand

Connaissez-vous l'histoire de Willerwald ?

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Épisode du vendredi 30 janvier 2026 à 12:00

Un premier village nommé Weiler/Alberweiller ou Albweiler est connu dès le XIIIe siècle. Il fut détruit au XVIe siècle.

 

Il n’y a pas de château à Willerwald, il s’agit d’un village reconstruit après la guerre de Trente ans et surtout il est proche de Sarralbe, centre de pouvoir.


Depuis 1601, un village commença à s’élever sur l’ancien ban défriché.

En 1618, un nouveau village fut fondé à la place de Albweiler et prit le nom de Wilerwaldt, Vueillerval en 1683, Willerwald en 1719, Willerwaldt en 1752, Villerwald fin du 18ème siècle et enfin le nom actuel Willerwald en 1869.

 

Le village s'étire en longueur le long d'un axe principal l’actuelle départementale 661

Il a le privilège d'être entouré de forêts, prairies et cultures diverses, de quelques haies et vergers, et d'une zone humide Natura 2000, remarquable par la présence du papillon l'Azuré des Paluds.


Le 12.7.1611, le duc de Lorraine, pour une avance d'argent, céda à son officier Claude de Bichebois un fief avec la moyenne et basse justice à Willer.

L'officier avait le droit d'instituer le maire et les échevins de la justice.

Par une ordonnance ducale du 18.8.1618, Jean Peltre, gruyer et contrôleur de la châtellerie de Dieuze, fut autorisé à construire un village sur un terrain défriché près de Sarralbe sur l'emplacement de l'ancien village de Wilre. Le village pourrait se composer de 30 conduits (ménages) dont 11 maisons de laboureurs et les autres des maisons de journaliers. Chaque conduit de laboureurs devait 1 quarte de blé; le journalier 3 soldes de rente, 3 poules à la Saint Martin, la 7e gerbe de blé et la 7e charretée de foin. Les habitants qui jouissaient d'importantes libertés de vaine pâture fixées par un arrêté ducal du 16.5.1623, devaient encore entretenir l'étang poissonneux du village.

Jean Peltre pouvait en outre ériger un moulin banal près de l'étang de Weiler.

Le blason correspond donc à celui de la famille Peltre qui a « refondé » le village

Il est de couleur argent à la fasce d’azur chargée d’une étoile d’or, accompagné de 3 têtes de genettes. La genette vit et chasse généralement près des points d'eau, des taillis et des forêts denses.

En 1621, le 1er septembre le duc de Lorraine, Henri II, engagea à Claude de Bichebois encore la haute justice à Willerwald (inverti dès 1611 de la basse et moyenne justice, comme il a été dit).

En 1681, le fief se trouvait entre les mains des héritiers de Claude de Bichebois, les Serainchamp et les Saint-Félix.

Où est passée la forêt, elle a alimenté 2 tuilleries

Dans le versant est du Schottenhof, des marnes ferrugineuses ont été livrées aux forges de Mouterhouse. All : Mergelstein


En 1766 Willerwald passa avec le duché de Lorraine sous la souveraineté de la France, et le prince de Sarrebruck céda à la France les biens qu'il possédait à Willer.

Willerwald est d’abord annexe de la paroisse de Sarralbe, administrée depuis 1717 par un vicaire résident. En 1754, un curé est nommé dans « la paroisse vacante depuis de longues années » (d’après une notice de 1683) sans mentionner l’érection officielle de la paroisse.

 

Une première église, dédiée à St.Nicolas (6 décembre) fut bâtie en 1777. Une nouvelle église grandiose, de style gothique, avec un clocher de 60m fut construite en 1910-1911, consacrée solennellement le 15 mai 1911.

Le 05 juin 1940 elle fut prise sous le feu de l’artillerie française basée à Oermingen, qui croyait que les Allemands avaient installé un poste d’observation dans le clocher. Plus de 200 obus de gros calibre ont touché l’église et les maisons environnantes. L’église fut totalement démolie le 24 juillet 1941 pendant l’occupation, après dynamitage du reste du clocher.

 

Evacuation du village le 1.9.1939 dans le département de la Charente.  La mairie fut d’abord repliée à Salle d’Angles, puis à Châteaubernard, et à St.Félix.

Pendant ce temps, Le 51ème Régiment de Mitrailleurs d’ Infanterie Coloniale est installé dans le secteur

Il occupe le sous-secteur de Sarralbe, de Schweix à Herbitzheim, sur un front de 12 kilomètres environ, s’appuyant sur le système d’inondations défensives des vallées de l’Albe et de la Sarre.

De « l’Opération Sarre » à la « Drôle de guerre »

Après la mobilisation, le deuxième bataillon du 51ème RMIC participe début septembre 1939 au soutien des détachements de la IVème Armée au Sud de Forbach lors de « l’ Opération Sarre ». Fin septembre, le II/51ème RMIC revient sur ses positions et prend part alors avec l’ensemble du régiment aux travaux de fortification de la position. Ces aménagements se poursuivent sans relâche durant toute la « Drôle de Guerre » en dépit d’une météo défavorable, d’une période de froid intense et de la réorganisation des unités de l’Armée et du Corps d’Armée.

Combats en mai 1940

Dans la zone de couverture  de la 4ème Armée, l’opération « Torche » ( Fackel ) contre la ligne Maginot vise le secteur entre Sarre et Rosselle. Elle est déclenchée le 12 mai, dimanche de Pentecôte, soit 2 jours après le début de l’attaque allemande contre les Pays-Bas, la Belgique  et le Luxembourg.

 

Le 12 mai les Allemands s’emparent de la ligne de surveillance française et viennent éprouver la défense de la position de couverture.

Dès la fin du mois de mai 1940, les Allemands entreprennent la conquête systématique des avant-postes de la ligne principale de résistance dans la Trouée de la Sarre, ainsi que des points d’observation leur permettant d’avoir une vue sur les positions françaises.

Le 5 au matin, l’ennemi occupe le village de Willerwald. Les Allemands placent des observateurs dans le clocher du village, observatoire vu à 15 kilomètres à la ronde et qui domine toute la position. Sa destruction mainte fois réclamée n’a pas été réalisée par le génie. Elle est demandée cette fois à un groupe de 155 du 217ème Régiment d’Artillerie. Coup après coup, les 155 neutralisent le clocher et finissent par le décapiter. Le 05 juin 1940 elle fut prise sous le feu de l’artillerie française basée à Oermingen, qui croyait que les Allemands avaient installé un poste d’observation dans le clocher. Plus de 200 obus de gros calibre ont touché l’église et les maisons environnantes. L’église fut totalement démolie le 24 juillet 1941 pendant l’occupation, après dynamitage du reste du clocher.


La bataille du 14 juin : l’Opération TIGER

Le 14 juin à 6H30, un bombardement général de l’artillerie allemande s’abat sur les lignes et les arrières français entre Téting et Wittring Plus de 1000 canons ouvrent le feu simultanément

Vers 8h30, quand enfin l’artillerie se tait ou allonge son tir, les bataillons d’assaut, qui durant la nuit s’étaient massés aux lisières des bois face à leurs emplacements de combat, passent à l’offensive. Malgré l’intense préparation d’artillerie, l’assaillant s’aperçoit vite que de nombreux fortins n’ont pas été détruits.

Une victoire française sans lendemain…

Au soir de la bataille du 14 juin, au prix de pertes très élevées, les Allemands n’ont réussi qu’à entamer la ligne principale de résistance, sans parvenir à la rompre. Informé de cet échec, le général von Witzleben est sur le point de changer les plans d’attaque pour le lendemain, quant à 22h15 lui est transmis l’ordre de repli des troupes françaises…

 


Les habitants, D’Krutscheisser

D’Krutscheisser (Les chieurs de choux)

Le curé Pierre Koch de Guising qui n’avait pas sa langue dans sa poche, reprocha vertement en chaire le comportement grossier de certains jeunes gens du village et blâma leur conduite qui leur faisait préférer les bals aux vêpres.
Echauffés par ces paroles, quelques malappris allèrent nuitamment dans le jardin du prêtre et se soulagèrent sur les choux du bon pasteur. Lorsque celui-ci constata les dégâts le lendemain, il ne put retenir sa colère et les paroissiens eurent droit à la fin du sermon à une véritable volée de bois vert le 21 novembre 1852

Willerwald, Teufelwald, Hurenwald !
Ja! Kinder Gottes wollt ihr werden,
Doch richtige Flegel, das seid ihr auf Erden,
Ihr dreckigen Krutscheisser von Willerwald !
In den Himmel kommen, das wollt ihr ...
Mit dem Arsch im Krut, so bleibt ihr,
Und in die Höll’, da kommt ihr bald,
Ihr dreckigen Krutscheisser von Willerwald !

Willerwald, forêt du diable, forêt des putains !
Vous voulez devenir des enfants de Dieu
Mais vous êtes de vrais rustres sur terre,
Sales chieurs de choux de Willerwald !
Au ciel vous rêvez d'aller ...
Avec vos culs dans les choux vous resterez,
Et en enfer vous serez bientôt,
Sales chieurs de choux de Willerwald !


Les entreprises

Ernest Solvay est né en 1838 à Rebecq en Belgique et, dès son jeune âge, manifeste un goût prononcé pour la chimie.

Il invente la production à l’échelle industrielle de la fabrication de soude à l’ammoniaque

Secondé par son frère Alfred,  Ernest Solvay prend son premier brevet en 1861. Deux ans après, la Société SOLVAY est fondée.

La fabrication de la soude à l’ammoniaque va prendre un essor rapide et offre dès son début des avantages considérables : simplification des principes de fabrication et utilisation de matières premières que l’on trouve en abondance dans la nature.

Ernest SOLVAY charge plusieurs de ses collaborateurs d’étudier dans toute l’Europe, les endroits où la proximité des matières premières et les besoins de la consommation rendraient une soudière viable.

C’est en 1885 que la soudière de l’entreprise Solvay entre en fonction dans notre région. La fabrication est implantée sur le ban communal de Willerwald tandis que les bureaux et les maisons des ouvriers et employés sont situés sur le ban de Sarralbe.

Pour fabriquer la soude, il faut trois ingrédients principaux : du sel (présent en abondance dans le sous-sol), du calcaire que l’on trouve dans la carrière de Wittring dans la vallée de la Sarre et du charbon qui est acheminé par le canal des houillères.

L’usine se développe et s’étend sur le ban de Sarralbe et de Willerwald

La reconversion des activités de fabrication industrielle du carbonate de soude par la société Solvay au début des années 70 donnera une nouvelle dimension économique à la ville basée sur la pétrochimie.

L'activité a été cédée par Solvay au pétrolier britanique BP puis INEOS en 2006.

 

Un autre grand site industriel est en train de s’implanter sur le ban de Hambach mais il est plus près de Willerwald.

 

Chronique réalisée par Hiegel Bertrand, responsable du Francique, langues et patrimoine à la médiathèque de Sarreguemines.

 


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