Politique

Le Grand-Est dans le top 3 des régions où il y a le plus d'actes antireligieux


par Margot Benabbas
vendredi 28 janvier 2022 à 08:41

Photo : Ludovic Mendes - Facebook

Le Premier ministre Jean Castex vous a missionné au mois de décembre, ainsi qu’une autre députée, pour faire un point complet sur les actes antireligieux en France, et ainsi rendre vos conclusions au mois de mars. Quelque 1.400 actes antireligieux ont été recensé depuis janvier 2021.

Son N°1 - Le Grand-Est dans le top 3 des régions où il y a le plus d'actes antireligieux

Ludovic Mendes, député LREM, dans la 2ème circonscription de Moselle (qui comprend l’agglomération Sud de Metz, une partie du canton de Faulquemont et du territoire du Saulnois)

Que devez-vous faire depuis quelques semaines exactement ?

Avec ma collègue Isabelle Florennes qui est députée de Nanterre-Suresnes on a pour mission de faire un état des lieux des actes antireligieux en France, de regarder quelles sont les relations entre les cultes, les collectivités et l’Etat. Les relations aussi avec le monde associatif et de voir ce que l’on peut faire, ce que l’on peut proposer pour faire en sorte qu’il y ait de moins en moins d’actes antireligieux en France et que la religion puisse avoir toute sa place sur notre territoire comme le prévoit la loi de 1905.

Est-ce qu'on connait déjà les premiers résultats ? 

Pas de conclusion encore puisqu’on a été nommés le 1er décembre. On a mené les auditions surtout depuis début janvier et aujourd’hui ce qui ressort le plus c’est un sentiment général d’une haine qui monte, d’un discours de plus en plus agressif, même parfois de responsables politiques et on a besoin de préparer une transition sur le fait que les religions ont vraiment toute notre place dans notre société. Aujourd’hui on n’a pas encore de conclusion particulière. Là je vais à Strasbourg faire un état des lieux sur Strasbourg. On va aller à Lyon, à Bordeaux, à Nantes… et on a encore au moins une vingtaine d’auditions de programmées lors de ces déplacements.

Est-ce que vous constatez sur le terrain que des départements et des religions sont plus touchés que d’autres ? Quelle est la tendance et le ressenti des représentants religieux en Moselle et dans le Bas-Rhin ?

Il y a des tendances nationales. En termes de volume d’actes antireligieux, ce sont les catholiques majoritairement puisque ce sont les plus représentés sur le territoire national. Si on prend aujourd’hui en termes de nombre de lieux de culte, de pratiquants et de nombre d’agressions, les actes antisémites et antijuifs sont les plus importants et derrière on a les actes antimusulmans qui commencent à être vraiment en hausse avec +30% en 2021 par rapport à 2019. On est sur une région Grand Est qui malheureusement fait partie du TOP3 des régions avec le plus d’actes antireligieux après la région lyonnaise et une partie de l’Île de France, c’est d’ailleurs pour ça qu’on vise ces territoires d’Alsace et de Lyon. En Moselle, globalement, ça va plutôt bien. Les relations entre les cultes et l’Etat sont très bonnes. Hormis 2-3 saccages de cimetières il y a eu très peu d’actes antireligieux répertoriés au niveau départemental mais par contre il y a la montée d’une haine et de plus en plus de représentants du culte se font parfois molester, insulter, maltraiter et c’est ce travail-là qu’on doit faire aussi. Parce que souvent, il n’y a pas de dépôt de plainte donc ce n’est pas comptabilisé comme acte anti-religieux ou acte discriminatoire.

Il y a les actes physiques, les actes matériels, mais aussi les actes antireligieux en ligne. Vous y travaillez aussi ?

Oui parce que malheureusement aujourd’hui la haine en ligne est en train d’exploser et ça concerne aussi les insultes, les menaces en ligne envers des représentants des cultes, envers des religieux. On va travailler aussi au niveau européen pour voir comment l’Europe peut mieux protéger en ligne. On a échangé hier avec les responsables de la protection du culte juif ou des responsables du culte musulman qui nous disent aujourd’hui que sur les réseaux sociaux ça devient compliqué à gérer. Je crois qu’il y a eu à peu près 75 000 signalements sur des faits discriminants et 15 000 sur des actes antireligieux l’année dernière.