Grosbliederstroff : Depuis 72 ans la menuiserie Pfirsch se réinvente pour subsister
Créée en 1954 par Robert Pfirsch, ce sont aujourd’hui ses petits-enfants, Sophie et Régis, qui sont à la tête de la menuiserie située avenue marchande à Grosbliedstroff. Nous sommes allés visiter cette entreprise familiale.
Son N°1 - Depuis 72 ans la menuiserie Pfirsch se réinvente pour subsister
L’histoire de la menuiserie Pfirsch commence en 1954 au centre du village de Grosbliederstroff.
Le grand-père faisait de la menuiserie extérieure, beaucoup de fenêtres. C’était après-guerre, du coup, il y avait beaucoup de constructions, il faisait beaucoup de menuiseries intérieures, fenêtres, portes d’entrée et aussi… des cercueils.
À cette époque, la vente se fait principalement auprès des particuliers qui achètent des meubles. Dans les années 70, c’est Hubert Pfirsch qui reprend les commandes de l’entreprise. L’affaire fonctionne et les murs de l’atelier deviennent trop étroits. À la fin des années 80, l’entreprise déménage pour s’installer avenue marchande dans un bâtiment toujours occupé aujourd’hui.
Une entreprise familiale avec une équipe fidèle
Dans l’atelier et sur les chantiers, ce sont 21 salariés, dont 6 apprentis, qui travaillent. La plupart sont originaires du village et ont commencé à travailler ici dès leurs 15 ans. Des équipes qui ont traversé les générations pour les plus anciens et qui ont su faire évoluer l’atelier avec les nouvelles technologies. Régis nous explique le fonctionnement du bras de levage.
Il dépose le panneau et après ça va être débité. C’est complètement automatisé. Avant, c’était beaucoup plus physique parce qu’on coupait tout à plat. Chaque panneau, il fallait le porter à deux, vous vous cassiez le dos.
Le meuble façonné dans la machine est destiné à la nouvelle mairie de Boucheporn.



Des conceptions Pfirsch partout en Moselle
Dans les années 2000, la société sent qu’il faut prendre un nouveau tournant. Les géants du meuble à bas prix s’implantent partout en France et investir le marché public devient une nécessité. Aujourd’hui, ça représente 70% de leur chiffre d’affaires qui s’élève à 3,2 millions d’euros. C’est Sophie Pfirsch qui s’occupe de répondre aux appels d’offres.
Le gros chantier en cours c’est la crèche de Forbach. On a tout ce qui est menuiserie intérieure, agencement. On a fini récemment, au Palais de Justice de Metz, la salle Verlaine au sous-sol. On va entamer bientôt un super projet qui nous tient à cœur au musée Pompidou à Metz.
Les maisons seniors de Hambach, la piscine olympique de Forbach ou encore la cave à vin de Côté Canal à Grosbliederstroff portent aussi les marques de Pfirsch. En visite, le sous-préfet de l’arrondissement de Sarreguemines, Wassim Kamel salue une entreprise dans l’air du temps.
J’étais très impressionné sur l’agilité de cette famille de s’adapter à chaque fois au contexte économique, à la réglementation environnementale. Ces entreprises familiales, ce sont nos start-ups du territoire. C’est solide.

Ces dernières années, la fratrie a dû faire face à plusieurs difficultés. La hausse du prix du bois après le Covid et le décès soudain de Hubert Pfirsch en 2024.
On se relève les manches. Que ça soit moi, mon frère, toute l’équipe, on est au travail et comme disait notre père, le travail finit toujours par payer et c’est ça aujourd’hui notre force, c’est notre savoir-faire.
Reste à savoir si la prochaine génération Pfirsch voudra reprendre le flambeau.


